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Zélinda Kintaudi Caudal : Université de Sherbrooke
Selon Freire (2021) et Covey (2020) l’élève peut être un leader à part entière, au même
titre que l’enseignant et le gestionnaire d’école. L’élève leader pratique la pédagogie
coopérative pour s’émanciper et émanciper ses pairs. Cette émancipation repose sur
une égalisation des intelligences (Rancière, 1987) qui favorisera la participation sociale
pour permettre aux élèves de développer le sens de responsabilité pour mieux
s’épanouir au sein de la société (Conseil Supérieur de l’Éducation (2017).
Cette communication présentera le portrait de la documentation scientifique sur le
leadership partagé des élèves du secondaire de 1980 à 2022 ainsi que sur le dispositif
Leader en moi de Covey (1989). Dispositif, implanté au sein de nombreux
établissements américains, qui permet de développer des compétences en leadership
(Cummins, 2015) et d’améliorer la réussite scolaire des élèves (Howell, 2021). La
communication s’alignera avec l’un des objectifs d’un des colloques proposés par
l’Acfas sur l’état des connaissances de certaines pratiques pédagogiques émergentes
tel que leadership partagé.
Le corpus sera constitué selon les directives d’une recension intégrative des écrits
(Torraco, 2005) et soumis à une analyse thématique (Paillé et Mucchieli, 2016). Les
résultats mettront l’accent sur les principales stratégies d’accompagnement émergeant
des programmes de leadership partagé recensés.
Partout ou presque dans les recherches et les pratiques en éducation, l’idée de crise s’impose, plus encore depuis la pandémie de Covid-19. Cela comme si la spécificité de cette période pouvait occulter la lancinance et l’universalité d’autres crises. Des inégalités scolaires et sociales s'étaient creusées et aggravées avant celle-ci, mais elle a particulièrement obligé à un autre « grand bricolage » (De Saint-Martin & Gheorghiu, 2010); jusqu’à instituer la discontinuité pédagogique comme un nouveau paradigme. Il nous apparaît pourtant souhaitable et salutaire de dé-covidiser nos recherches et pratiques en éducation. Cela tant la crise pandémique subsumerait une crise (plus profonde) en éducation et dans la société, tant des pratiques éducatives s’enrégimenteraient dans ce paradigme, tant nombre de personnels et professionnel.le.s de l’intervention et de la recherche ne jureraient que par cette discontinuité, plutôt que de chercher à se déprendre à et à rompre avec cette nouvelle théorie de la rupture (dans un sillage foucaldien). Cela soulève plusieurs questions et des enjeux de recherche. Dans ce contexte de questionnement théorique et pratique, nous proposons d’étudier les effets dans les écoles et leur structure d'une certaine covidisation des recherches et des pratiques en éducation, en opérant un travail critique de déconstruction de représentations et catégories produites dans et par les sociétés et les écoles de la performance. Au-delà de l'influence de représentations stéréotypiques qui génèrent un discours polarisé sur la réussite et l'échec scolaires, nous souhaitons montrer la diversité des contrastes et des effets pédagogiques, scolaires et psychiques, sociaux et politiques, ainsi que les impacts négatifs et positifs de la pandémie dans les milieux de pratique et de recherche en éducation, sans oublier les milieux associés. Il nous semble que tant le développement d’ingénieries coopératives et de co-enseignements en éducation, que le partage redistribuant le leadership dans les écoles et la réélaboration de politiques scolaires incluant les élèves-acteurs du système scolaire, sont des pratiques souhaitables, dans un contexte de résilience numérique augmentée par la période que nous traversons et selon une perspective d'éducation inclusive et de réponse responsable à cette hausse.
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