Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Véro Leduc : UQAM - Université du Québec à Montréal
La population sourde représente environ 8% de la population au Canada. Considérées socialement comme des personnes handicapées, elles forment une minorité culturelle et linguistique rencontrant de nombreux obstacles (préjugés, discrimination, invisibilité) et un taux de participation sociale moindre. Si les perspectives prédominantes considèrent la surdité comme un manque et une incapacité, plusieurs personnes s’identifiant comme Sourdes sont fières de leurs appartenances à une ou plusieurs communautés et cultures sourdes, et de signer une ou plusieurs langues des signes. Les cultures sourdes, la sourditude et les pratiques artistiques des personnes handicapées et sourdes sont bien documentés, tout comme les études critiques de la citoyenneté. Il y a toutefois un grand besoin de développer des connaissances spécifiques sur la citoyenneté culturelle et les pratiques d’équité culturelle qui les concernent. À partir de deux recherches : On vous fait signe : citoyenneté culturelle des personnes sourdes (CRSH, 2020-2022) et Les pratiques artistiques des personnes sourdes et handicapées au Canada (Conseil des arts du Canada, 2018-2020), la conférence présentera le modèle affirmatif du handicap et de la sourditude, les principaux obstacles rencontrés par les artistes et les personnes de la diversité capacitaire dans l’accès aux milieux culturels et l’exercice de leur citoyenneté culturelle, tout en abordant des exemples de pratiques exemplaires en matière d’équité culturelle.
Depuis les dernières décennies, des travaux mettent de l’avant une perspective critique des études du handicap. Ce champ interdisciplinaire donne également lieu à des critiques « de l’intérieur ». Des autrices et des auteurs, travaillant dans de nouveaux courants connexes, sont par ailleurs soucieux de développer leurs travaux « en dehors » des Critical Disability Studies. Des approches culturelles ou celle de l’affirmation identitaire comme acte politique émergent (ex. : études critiques de l’autisme, études [critiques] de la surdité, études de la folie). Avec l’essor de la société civile, les études critiques du handicap, de l’autisme, de la surdité et de la folie offrent des angles d’approche inédits non seulement pour appréhender la citoyenneté, la reconnaissance et les inégalités sociales, mais aussi pour questionner l’ancrage capacitiste des normes et des attentes sociales.
Parallèlement, au cours des dernières années, les savoirs expérientiels se sont imposés comme une nouvelle donne contemporaine, qu’il s’agisse d’intégration au développement de programmes de formation en intervention ou d’offre de services dans le réseau de la santé et des services sociaux. La reconnaissance de l’importance d’inclure les personnes dans les initiatives qui les concernent est croissante, et diverses structures se mettent en place pour le permettre (ex. : approche « patient-partenaire » qui tend s’étendre aux interventions dans les champs de la réadaptation; enseignement en partenariat avec des « patient·e·s » dans des programmes de formation en santé et services sociaux; « clientèle » des programmes de services; essor de l’intérêt pour les recherches participatives).
Mais qu’en est-il vraiment ? Ces nouvelles pratiques contribuent-elles réellement à l’amélioration des conditions de vie des personnes comme le préconise la recherche participative à caractère émancipatoire ? Comment freiner l’instrumentalisation des personnes par ces milieux et l’appropriation de leurs savoirs expérientiels et militants ?
Titre du colloque :
Thème du colloque :