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Éducation à l’interculturel et éducation par la nature : quels rapports aux savoirs en didactique de l’altérité?

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Laura Nicolas : Université Paris-Et Créteil Val-de-Marne

Résumé de la communication

Nous proposons de décrire les épistémologies communes aux courants de la didactique de l’interculturel, ancré en didactique des langues, et de l’´éducation par la nature, développé en sciences de l’éducation. Cette communication vise plus particulièrement à relever les rapports au(x) savoir(s) communs entre ces courants, une mise en lien qui permettrait de dépasser l’opposition, dénoncée en anthropologie (cf. Descola, 2005), entre ”nature”, d’un côté, et ”culture”, de l’autre.

Nous mettrons en dialogue plusieurs concepts et notions-cl´es de ces deux champs pour faire émerger leurs propriétés respectives et la nature de leurs relations. En termes méthodologiques, la communication s’appuiera sur l’analyse de résultats de recherches (Bretegnier & al., 2022) et de recherches-action (Girault & Galvani, 2022) menés au sein des deux domaines.

Résumé du colloque

On assiste depuis la pandémie à une résurgence de démarches pour faire une « école/classe dehors » aux appellations variables, qui mobilise une pédagogie répondant à un processus d’éducation par la nature. Le bien-être mental et physique que procure le fait d’être dans la nature, en plus de favoriser les apprentissages (Ayotte-Beaudet et al., 2022; Green et Rayner, 2022; Kuo et al., 2019; Mygind et al., 2019), en démontre la pertinence.

En filigrane des questionnements didactiques posés récemment, notamment dans le cadre du Colloque international Les pratiques d’éducation par « la nature » : quels enjeux pour la formation des professionnel·le·s?, qui s’est tenu en France en juillet 2022, se profilent d’impératives questions d’ordre épistémologique portant sur les paradigmes qui induisent de telles pratiques. Ainsi, il s’agit de s’interroger sur les épistémologies qui sous-tendent les éducations dans et par la nature ou, dit autrement, par le territoire. Plus largement, au-delà de toute structure en milieu formel ou non, quel rapport au(x) savoir(s) sous-tend les apprentissages dans et par la nature ou le territoire?

Certains font appel au principe de l’écoformation intégrant le paradigme transdisciplinaire de la complexité (Girault et Galvani, 2021), d’autres se reportent aux épistémologies autochtones (Battiste, 2002; Four Arrows et al. 2010; Hart, 2010; Wilson, 2013). On pourrait également citer l’écosophie de l’écologie profonde d’Arne Naess (2008) introduisant le principe de l’altérité élargi au monde vivant. Le principe de l’énaction proposé par Varela (Aden et Preller, 2020; Varela et al., 2017) ou encore l’écopédagogie de Gutiérrez Bastida et Gadotti (Gutiérrez Bastida, 2022), considérant l’être humain comme « la nature prenant conscience d’elle-même » (Pereira, 2019, partie I.3), sont d’autres axes possibles.

De telles conceptualisations du rapport au(x) savoir(s) qui se construit dans le rapport au monde (Charlot, 2021) permettront alors de clarifier le cadrage d’approches éducatives innovantes dans et par la nature, renforçant notre identité écologique (Vogels, 2007).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Laura Nicolas
section icon Date : 11 mai 2023

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