Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Dominic Anctil : Université de Montréal
Au Québec, l’insertion professionnelle des personnes immigrantes adultes passe indubitablement par la connaissance du français. Dans le but de faciliter l’accès au marché du travail, il importe d’avoir un outil présentant les exigences langagières relativement à l’exercice d’un métier ou d’une profession. L’Université de Montréal développe, en collaboration avec différents ministères et institutions, un référentiel de profils de compétences en français nécessaires à l’exercice de plus de 500 métiers et professions. Une équipe effectue un arrimage entre les tâches langagières propres à chaque profession et les niveaux de l’ÉQ. Ceci permet d’établir ensuite le niveau seuil nécessaire à l’entrée dans la profession pour chaque compétence langagière (production et compréhension orales, production et compréhension écrites). Dans le cadre de cette communication, nous documentons la méthodologie utilisée pour l’élaboration de ce référentiel et présentons les perspectives d’utilisation de ce dernier par divers usagers (apprenants en francisation, enseignants, conseillers pédagogiques, etc.). Les travaux présentés dans le cadre de cette communication sont le résultat d’une collaboration du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration avec le ministère de l’Éducation, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, le ministère de l’Enseignement supérieur, l’Office québécois de la langue française et l’Université de Montréal.
L’intégration langagière (francisation) des personnes immigrantes adultes pose de nombreux défis, tant pour l’apprentissages que l’évaluation des compétences. Certains relèvent des caractéristiques des apprenants (littératie et numératie en émergence (Fortier et al., 2021)), d’autres sont propres aux objets de savoirs au cœur de l’enseignement-apprentissage-évaluation (pratiques enseignantes, approches, variétés sociolinguistiques (Gass et Mackey, 2013; Long, 2015)), tandis que d’autres sont en lien avec le matériel pédagogique et les documents officiels encadrant l’offre de services (orientation des apprenants, matériel et pratiques évaluatives (Deygers et al., 2021)). Cette question est particulièrement pertinente au Québec, état provincial où la majorité francophone est elle-même minoritaire en Amérique du Nord et où l’intégration langagière des personnes immigrantes est un enjeu politique et sociolinguistique important. De plus, le Québec est l’un des rares états à s’être doté de documents officiels encadrant les pratiques liées à la sélection, l’accueil et l’intégration langagière des personnes immigrantes. Rappelons que seuls le Canada, le Québec et le Conseil de l’Europe ont créé des documents officiels pour ce faire.
L’importance de ces documents officiels et des interrelations entre ceux-ci et l’ensemble des pratiques en intégration langagière est au cœur de ce colloque, chacun des défis susmentionnés étant en lien direct avec ces documents officiels. Que ce soit le placement des personnes s’inscrivant aux cours de français, le curriculum officiel ou l’obtention de la citoyenneté canadienne, qui demande un niveau 4 à l’oral, le parcours d’intégration langagière des personnes immigrantes est en partie déterminé par le contenu de ces documents officiels. Ce colloque vise donc à documenter les relations entre les documents officiels et les divers aspects de l’enseignement-apprentissage-évaluation du français langue d’intégration.
Titre du colloque :
Thème du colloque :