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Chaimaa El Mouslih : Université McGill
Comprendre l’ironie est souvent plus difficile que comprendre des phrases littérales, qu’elle soit négative (pour mettre l’accent sur un défaut afin d’émettre une critique) ou positive (visant à apporter une évaluation positive ou complimenter).
La compréhension de l’ironie est une des manifestations de l’acte de mentalisation, qui signifie notre capacité à comprendre le comportement des autres en imaginant leurs propres états mentaux, tels que leurs intentions et leurs sentiments. Puisque nous vivons dans un monde de plus en plus bilingue, il est intéressant de se demander si le langage a un impact sur notre capacité à mentaliser.
Dans ce projet nous investiguons si la langue (L1 vs L2) des phrases ironiques influence la capacité et la durée de compréhension de lecteurs bilingues. Nous explorons également si les groupes sociologiques auxquels les phrases ironiques font référence influencent la facilité de compréhension. Pour ce faire, nous avons créé une tâche incluant des phrases, ironiques ou non, décrivant des situations avec divers personnages dont les noms avaient des consonances francophones (e.g. Philippe) ou anglophones (e.g. John). Grâce à l'oculométrie, nous pouvons déterminer si les participants ont passé moins de temps à traiter un texte ironique lorsque les personnages leur étaient similaires sur le plan démographique (sexe, langue), ce qui suggérerait que la proximité démographique facilite la mentalisation. L'analyse des données est en cours.
Le bilinguisme est un atout important dans plusieurs milieux contemporains. Un grand nombre de travaux sur l’acquisition des langues secondes ont eu pour but de déterminer quelles variables pourraient favoriser le développement des compétences linguistiques des apprenants. Ces travaux ont permis de démontrer l’importance de facteurs tels que l’âge de l’apprenant ou le contexte d’apprentissage. De plus, au cours des dernières années nous avons assisté au développement rapide d’un nouvel axe de recherche sur le bilinguisme portant sur l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues secondes ou étrangères. Des chercheurs provenant de plusieurs disciplines, notamment la psychologie, la sociologie et la science politique, s’intéressent à des questions comme : est-ce que le quartier dans lequel une personne habite a une incidence sur ses compétences langagières et sa facilité à apprendre une nouvelle langue ? Comment est-ce que l’environnement influe sur les compétences langagières aux diverses étapes de la vie (petite enfance, enfance, âge adulte, personnes âgées) ? En plus de cet axe social, nous avons continué à témoigner d’une évolution rapide des connaissances en matière des éléments linguistiques, cognitifs et neurophysiologiques associés au bilinguisme et au multilinguisme. Ce colloque réunira des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche sur les incidences individuelles et socioculturelles du bilinguisme et favorisera la conception de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.
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