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Itinérance chez les Inuit : repenser le phénomène et les services en regard de l’Inuit Qaujimajatuqangiit

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Dominique Gaulin : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le phénomène de l’itinérance chez les autochtones interpelle en raison de leur surreprésentation. Cette surreprésentation fait état d’enjeux structurels importants et doit être analysée comme une conséquence directe de la colonisation. Les politiques d’assimilation, l’acculturation et la discrimination sur les plans juridique, social, économique et politique sont à la base des difficultés et poussent plusieurs personnes à quitter leur communauté. Cela dit, les Inuit en situation d’itinérance sont victimes de multiples préjugés et de discrimination au sein des services. Il existe peu de ressources aptes à répondre adéquatement à leurs besoins. En raison de la colonisation et de la colonialité, le rapport avec les institutions peut s’avérer difficile. À partir des résultats d’une recherche menée en 2022, nous mettrons en lumière les réalités auxquelles les Inuit en situation d’itinérance font face. Notre présentation questionnera la manière dont l’itinérance est conceptualisée chez les populations autochtones en considération des réalités sociales, structurelles et économiques qui leur sont propres. Enfin, nous souhaitons explorer comment l'Inuit Qaujimajatuqangiit (ce que les Inuit ont toujours tenu pour être vrais) peut être intégré au sein des services afin qu’ils soient pertinents sur le plan culturel.

Résumé du colloque

L’itinérance est un phénomène complexe marqué par l’intersection de facteurs structurels, institutionnels et interpersonnels. Les personnes racisées, immigrantes, autochtones, en situation de handicap et LGBTQ+ révèlent différents visages de l’itinérance et des expériences multiples d’oppression et de discrimination. Pour répondre de manière sensible et anti-oppressives aux enjeux vécus par des groupes à la croisée des oppressions, il importe de repenser les méthodes de recherche et d’intervention en matière d’itinérance. Issue des travaux de féministes noires, l’intersectionnalité fait partie d’une perspective intégrative qui postule que les formes d’oppression ne peuvent être considérées indépendamment ou simplement comme additives (Collins et Bilge, 2016). Cette théorie permet d’appréhender les phénomènes de marginalisation tels que l’itinérance comme étant imbriqués dans des systèmes d’oppression (comme le racisme, le colonialisme, le capacitisme, le cishétérosexisme), des facteurs structurels (comme la précarité économique et le manque de logements abordables) et des facteurs institutionnels (comme les politiques institutionnelles discriminatoires). Si l’intersectionnalité est de plus en plus présente dans les réflexions théoriques et pratiques en sciences humaines et sociales, jusqu’à constituer un buzzword (Davis, 2008), elle demeure encore une perspective « imprécise et ambiguë » (Harper et Kurtzman, 2014). Le but de ce colloque est donc d’offrir un point de rencontre pour croiser les savoirs sur l’intersectionnalité afin de discuter de l’intersection des rapports d’oppression et de discrimination qui caractérisent l’itinérance. Nous rassemblerons des contributions en trois axes de réflexion : 1) les réalités de l’itinérance au prisme de l’intersectionnalité; 2) les usages de l’intersectionnalité dans la recherche sur l’itinérance; et 3) les usages de l’intersectionnalité dans les pratiques d’intervention en itinérance.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

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