pen icon Colloque
quote

Itinérance, consommation d’alcool et santé précaire : l’expérience des personnes utilisant un programme de gestion de la consommation d’alcool

JF

Membre a labase

Jorge Flores-Aranda : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les programmes de gestion de la consommation d’alcool (PGA) sont des services à bas seuil d’exigences fondés sur une approche de réduction des méfaits. Ces programmes ont pour but d’offrir un hébergement sécuritaire et des doses d’alcool prédéterminées à des personnes en situation d’itinérance dont leur consommation d’alcool les exclut des hébergements d’urgence et d’autres services. Ces programmes ciblent principalement des personnes faisant face à de multiples oppressions : précarité financière et sociale, consommation d’alcool, itinérance, difficultés en lien avec leur santé physique ou mentale, etc. Cette présentation a pour objectif de décrire la perception des personnes utilisant un PGA ouvert à Montréal depuis seulement quelques mois. Des entrevues semi-structurées ont été menées avec l’ensemble des résidents de ce programme (n=7). Les premiers résultats montrent que les résidents apprécient être hébergés et ne plus se préoccuper pour leur survie au quotidien, ainsi que l’accès à l’alcool. Toutefois, plusieurs considèrent que le plan de consommation d’alcool devrait être plus flexible. Ils observent quelques lacunes concernant l’organisation du service, notamment en termes d’infrastructure, d’activités offertes et des ressources humaines disponibles. Ces résultats reflètent la nécessité d’une prise en charge interdisciplinaire dans ce type de ressource, tout comme la collaboration entre plusieurs instances.

Résumé du colloque

L’itinérance est un phénomène complexe marqué par l’intersection de facteurs structurels, institutionnels et interpersonnels. Les personnes racisées, immigrantes, autochtones, en situation de handicap et LGBTQ+ révèlent différents visages de l’itinérance et des expériences multiples d’oppression et de discrimination. Pour répondre de manière sensible et anti-oppressives aux enjeux vécus par des groupes à la croisée des oppressions, il importe de repenser les méthodes de recherche et d’intervention en matière d’itinérance. Issue des travaux de féministes noires, l’intersectionnalité fait partie d’une perspective intégrative qui postule que les formes d’oppression ne peuvent être considérées indépendamment ou simplement comme additives (Collins et Bilge, 2016). Cette théorie permet d’appréhender les phénomènes de marginalisation tels que l’itinérance comme étant imbriqués dans des systèmes d’oppression (comme le racisme, le colonialisme, le capacitisme, le cishétérosexisme), des facteurs structurels (comme la précarité économique et le manque de logements abordables) et des facteurs institutionnels (comme les politiques institutionnelles discriminatoires). Si l’intersectionnalité est de plus en plus présente dans les réflexions théoriques et pratiques en sciences humaines et sociales, jusqu’à constituer un buzzword (Davis, 2008), elle demeure encore une perspective « imprécise et ambiguë » (Harper et Kurtzman, 2014). Le but de ce colloque est donc d’offrir un point de rencontre pour croiser les savoirs sur l’intersectionnalité afin de discuter de l’intersection des rapports d’oppression et de discrimination qui caractérisent l’itinérance. Nous rassemblerons des contributions en trois axes de réflexion : 1) les réalités de l’itinérance au prisme de l’intersectionnalité; 2) les usages de l’intersectionnalité dans la recherche sur l’itinérance; et 3) les usages de l’intersectionnalité dans les pratiques d’intervention en itinérance.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :