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James R Taylor et ses worldviews. Quels apprentissages pour les praticiens en ÉDI?

PC

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Pascale Caidor : Université de Montréal

Résumé de la communication

James R Taylor a été un professeur-chercheur dont la pensée originale continue d’influencer de nombreux théoriciens en sciences de la communication. Taylor développera une approche de la communication et des organisations qui mettra en évidence l’effet structurant de la communication. Celui-ci s’actualise lorsqu’une ou plusieurs relations transactionnelles permettent l’établissement d’un certain ordre qui repose, selon Taylor, sur des attentes mutuelles et des croyances partagées. Taylor introduit ainsi la notion de worldviews qui nous montre que ces visions de monde produites dans un cadre transactionnel et interactionnel ne bloquent pas toujours la communication, mais elles entraînent plutôt des attachements et des interprétations inconciliables d'un objet commun (Taylor et Cooren, 2013). Cette communication a pour objectif de montrer par l’entremise d’une étude de cas, la manière dont les worldviews d’une équipe responsable de mettre en place un programme faisant la promotion de l’équité, la diversité et l’inclusion (ÉDI) au sein d’une entreprise parapublique (Caidor, 2021/2018) sont rendues visibles par l’analyse des interactions de l’équipe. Par une recherche de type qualitative et interprétative, nous mettrons en évidence les attachements et les interprétations inconciliables de cette équipe de projet. Cette recherche nous a permis de montrer différentes formes d’attachement qui facilite ou entrave la mise en place du programme.

Résumé du colloque

James R. Taylor, le fondateur de l’École de Montréal en communication organisationnelle, une école de pensée mondialement reconnue en sciences de la communication et en études organisationnelles, est décédé le 21 avril dernier à l’âge vénérable de 93 ans. Depuis la publication, en 1988, de son ouvrage intitulé Une organisation n’est qu’un tissu de communications, James Taylor n’avait cessé de mettre de l’avant la nécessité de penser les phénomènes organisés à partir d’une perspective résolument communicationnelle, c’est-à-dire d’une perspective centrée sur la manière dont les êtres humains coopèrent pour faire être et fonctionner des ensembles organisés. Alors que la communication était, jusque dans les années 1980, essentiellement pensée comme une diffusion d’informations (comment mieux communiquer les décisions et positions de l’entreprise à l’ensemble du personnel, au grand public, aux actionnaires, etc.), Taylor a proposé ni plus ni moins un changement de paradigme en montrant que la communication était, en fait, constitutive de tout phénomène organisé. Ce programme de recherche, qui fut rétrospectivement baptisé approche CCO (pour constitution communicationnelle de l’organisation), a depuis inspiré des personnes représentant les cinq continents. Toutes et tous tentent ainsi de montrer que la communication n’est pas simplement quelque chose qui se passe dans les organisations, mais que l’organisation elle-même est à trouver, en quelque sorte, dans la communication. Ce colloque propose ainsi de réunir les représentantes et représentants francophones de ce mouvement de pensée afin non seulement de rendre hommage à ce chercheur hors normes qu’était James R. Taylor, mais aussi d’explorer les développements futurs de cette perspective. En particulier, nous inviterons l’ensemble des participants à réhabiliter les phénomènes de diffusion, de propagation et de transmission qui ont peut-être été trop négligés par le mouvement CCO, pour des raisons finalement assez idéologiques. Au-delà des enjeux théoriques et analytiques qui seront explorés au cours de ce colloque, ce dernier a également l’ambition de creuser plus avant les conséquences pratiques du tournant paradigmatique opéré par James R. Taylor. Comme on le sait, quand le milieu des praticiens pense la communication, c’est généralement en termes de transmission d’informations, ce qui est, somme toute, normal et attendu. On ne compte plus, en effet, les « problèmes de communication » qui hantent toute organisation, que l’on parle d’entreprises, d’ONG ou d’administrations gouvernementales. En rejetant le paradigme de la transmission, qui prévalait dans les sciences organisationnelles jusque dans les années 1980, le mouvement CCO a certes pu innover en montrant tout ce qu’une perspective communicationnelle pouvait apporter à notre compréhension des phénomènes organisés, mais il a peut-être négligé la nécessité d’un dialogue avec le monde de la pratique, toujours très axé sur le paradigme diffusionnel.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

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