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Johanne Thomson-Sweeny : Université de Montréal
Objectif : Cette présentation vise à exposer la place qu’occupe le sujet d’adoption dans la vie des adultes adoptés à l’étranger.
Méthode : Les données ont été recueillies avec une méthodologie qualitative. Dix personnes adoptées à l’étranger ont participé à des entrevues individuelles dans le cadre d’une étude de doctorat afin de partager leur expérience et leur perspective sur leurs relations familiales adoptives en lien avec un contact avec la famille biologique. Les résultats ont été analysés selon un ancrage théorique constitué d’un modèle conceptuel adoptif et du modèle conceptuel de la vie personnelle de Smart.
Résultats : Ces résultats préliminaires montrent que l’adoption comme sujet de discussion dans la vie des personnes adoptées et dans leur famille est multidimensionnelle. Les personnes adoptées peuvent être ouvertes au sujet, mais ne pas vouloir toujours en parler et veulent en discuter uniquement avec certaines personnes dans certains contextes. Leur aisance évolue dans le temps et pour certaines, c’est le contact avec leur famille d’origine qui les a motivées à vouloir parler davantage d’adoption. Parfois, le sujet d’adoption cause des malaises et des tensions au sein de la famille adoptive, alors que parler d’adoption au sein de la famille peut aider les membres à créer une histoire familiale qui les réunit et renforce l’identité familiale.
Lorsque la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) intervient dans la vie d’un enfant, un placement en famille d’accueil ou en milieu institutionnel peut être nécessaire pour le protéger. Selon Hélie et al. (2020), 63 % d’une cohorte d’enfants pris en charge par la DPJ en 2007-2008 ont vécu au moins un placement au cours des 9,5 années suivant leur entrée dans les services. Selon le principe du meilleur intérêt de l’enfant, l’intervention doit assurer stabilité et continuité des liens à l’enfant retiré de son milieu familial. Selon le cas, le projet de vie de l’enfant sera d’être réunifié avec ses parents, d’être placé jusqu’à sa majorité, qu’on lui nomme un tuteur ou qu’il soit adopté (MSSS, 2016).
Dans la foulée du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ) déposé en mai 2021, où un chapitre complet est dédié au fait d’assurer une famille pour la vie aux enfants pris en charge par la DPJ, il est nécessaire d’appuyer les pratiques d’accompagnement et de soutien aux familles d’origine, d’accueil et d’adoption sur des données scientifiques de pointe. C’est précisément la mission que s’est donnée l’Équipe de recherche sur le placement et l’adoption en protection de la jeunesse (ERPAPJ). Sa programmation de recherche se décline en trois axes : 1) la trajectoire de vie des enfants placés ou adoptés; 2) les relations entre les réseaux familiaux entourant l’enfant placé ou adopté; et 3) le système sociojudiciaire et les pratiques régulant le placement et l’adoption. Ces axes s’inscrivent dans un ancrage conceptuel écosystémique (Bronfenbrenner, 1995; 2005; Liao, 2005) ainsi que dans la perspective théorique du parcours de vie, afin de tenir compte de la complexité des liens entre le temps, la trajectoire sociale, le développement individuel, les relations interpersonnelles et le contexte sociohistorique (Elder et al., 2003; Gherghel et Saint-Jacques, 2013).
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