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Éric Pineault : UQAM - Université du Québec à Montréal
La société québécoise est confronté à un impératif de sortie des hydrocarbures elle a le choix de tenter de remplacer chaque joule sale par une joule propre ou elle peut s'engager dans une descente énergétique qui verra sa consommation par capita baisser. Le premier choix implique de continuer de croitre sur une trajectoire que l'on peut qualifier d'accélérationniste, et mise sur l'innovation technologique et l'investissement privé en infrastructures de production de formes d'énergie décarbonées. Le second choix mise sur la possibilité d'une transformation structurelle de l'économie ainsi que des modes de vie, tout en reconnaissant que des investissements significatifs seront nécessaires, mais on y priorise le secteur public et d'économie sociale. Les défis de l'accélération sont d'ordres matériel et biophysique, tandis que les défis d'une transition décroissante sont surtout d'ordre sociopolitique et culturel. L'objectif de la présentation est d'analyser les trajectoires types du métabolisme énergétique du Québec que l'on peut dériver de ces conceptions contrastées de la transition à partir d'un examen de la situation actuelle, sachant que le gouvernement mise sur l'accélération et qu'il va tenter d'imposer cette perspective dans la nouvelle politique énergétique du Québec, alors que les dernières recommandations du GIEC vont plutôt dans le sens d'une descente.
Au moment où notre fulgurante entrée dans la sixième extinction de la planète nous presse de réduire notre empreinte écologique, énergétique, agroalimentaire et hydrique, l’actuel modèle de développement sociotechnique, marqué par une concentration inégalée des industries, un abyssal élargissement des écarts et une menaçante dilapidation des ressources, vit une crise profonde. Ainsi, même les systèmes agro-industriels, censés nourrir le monde, contribuent paradoxalement, par leur intensification, à 30 % des émissions de gaz à effet de serre et à l’effondrement de la biodiversité. Sur le plan énergétique, les choix de filières et leur intégration dans des plans globaux, limitant l’accélération des dérèglements climatiques, souffre de sérieux problèmes de retards et de cohérence dont pâtissent tous les secteurs d’activité, notamment les transports et l’habitat. Piégés, nous flirtons ainsi d’un côté avec les menaçantes limites planétaires et leurs périlleux points de bascule, et nous sommes happés, de l’autre, par des conflits armés aux redoutables flambées de coûts énergétiques et alimentaires, voire de pénuries. Comment alors pourrions-nous ignorer d’examiner ensemble les enjeux, les stratégies et les horizons de transitions énergétiques et agroalimentaires ? D’une ampleur inégalée, ces changements structurels toucheront l’ensemble des sociétés et de leur fonctionnement, nécessitant d’importants recadrages des paradigmes à l’œuvre et de solides mesures d’adaptation. Or, la gamme des objectifs et des voies divergentes proposées (frugalité volontaire et modes de vie alternatifs, recours technologiques accrus), voire parfois imposées (politiques incitatives ou « punitives » de réduction de la consommation), mérite d’être examinée, en ce qui touche la sécurité alimentaire et énergétique, les conditions de vie et de santé viables et de vitalité des écosystèmes, des milieux urbains et ruraux, tout en étant contextualisée dans une perspective d’espoir et de bien commun.
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