Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Annie Carrier : Université de Sherbrooke
Pour améliorer les services sociaux et de santé (SSS), la gouvernance collaborative appelle à une certaine latitude des professionnels (dont les gestionnaires cliniques) quant aux actions à poser. Or, la crainte de représailles pourrait restreindre cette latitude et freiner leurs capacités d’action. Mieux comprendre le processus dynamique complexe menant, d’une part, à la crainte de représailles des professionnels dans leurs actions et, d’autre part, à la détermination d’une action répréhensible par les cadres, apparaît donc essentiel pour progresser vers un changement de paradigme en gouvernance. L’étude vise donc à (O1) estimer la prévalence de la crainte des représailles; (O2) identifier les facteurs impliqués dans les deux processus; (O3) décrire les deux processus; et (O4) documenter les enjeux juridiques et éthiques associés aux facteurs identifiés et aux processus décrits. Un devis mixte séquentiel sera utilisé et comportera trois volets: une enquête auprès des professionnels (O1); une théorisation ancrée (O2 et O3); et une analyse juridique et éthique (O4). Le développement du questionnaire est en cours. Pour nous assurer de sa validité écologique, nous avons réalisé deux recensions, une de la jurisprudence pertinente et l’autre des articles dans les médias, ainsi que quatre entretiens exploratoires avec des représentants syndicaux et de cadres. Lors du colloque, une synthèse des résultats des recensions et des entretiens exploratoires sera présentée.
Notre colloque vise à dresser un état des lieux de la gouvernance collaborative au sein des centres intégrés (universitaires) de santé et de services sociaux (CI(U)SSS) et d’explorer les perspectives liées au développement d’une telle forme de gestion, tant sur le plan des décisions cliniques, qu’en ce qui concerne les structures administratives. La gouvernance collaborative est définie par Emerson, Nabatchi et Balogh (2012) comme un processus de gestion et de prise de décision qui englobe plusieurs parties prenantes. Cette gestion partagée et décentralisée permettrait notamment la prise en compte des intérêts et des points de vue de différents acteurs, et donc une meilleure démocratisation au sein des établissements. Dans le cadre des services de santé, de grands organismes internationaux ont notamment fait des recommandations qui tendent vers cette forme de gestion, en préconisant l’engagement des travailleurs de la santé et des usagers dans la gouvernance des systèmes de santé pour en améliorer la performance. Bien que le système de santé et de services sociaux du Québec montre certaines pratiques et structures qui tendent vers un tel modèle, il reste que les prises de décisions cliniques et organisationnelles impliquant des usagers ou les travailleurs semblent relativement peu mises de l’avant. Ce colloque permet ainsi de nous questionner sur les facilitants et les entraves à la participation des travailleurs du système de santé et de services sociaux et des usagers des services à la gouvernance des établissements au sein des CI(U)SSS. Une large place est notamment donnée, d’une part, aux recherches portant sur les innovations organisationnelles ou pédagogiques amenant directement ou indirectement à favoriser l’implantation de la gouvernance collaborative et, d’autre part, aux études qui observent les effets de la participation de différents acteurs du système de santé et de services sociaux aux prises de décisions.
Titre du colloque :
Thème du colloque :