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Virginie Savaria : Université de Sherbrooke
Les services de soutien à domicile (SSAD) sont captifs d’une logique centralisée générant de l’inertie organisationnelle. Pour accroître l’agilité, la gouvernance décentralisée nécessite l’intégration de stratégies spécifiques. Or, aucune synthèse de ces stratégies et de leur contexte de mobilisation n’existe. Pour établir un tel portrait, nous avons mené une étude de portée des écrits scientifiques de 2000 à 2022 dans cinq bases de données. Nous avons retenu tous les écrits qui abordaient au moins une des trois dimensions (politique, administrative, fiscale) des stratégies. Nous avons rejeté les écrits qui concernaient uniquement les pratiques des professionnels. Nous avons extrait et analysés thématiquement les données selon les trois dimensions. Nous en avons retenu 26 dont la majorité était des études qualitatives (n=10; 38%) en provenance de différents pays (ex.: Australie, Ghana, Népal, Suède, Espagne, n=2 chacun). Nos résultats préliminaires suggèrent que la stratégie la plus utilisée est politique (création de politiques et de réformes). Les stratégies administratives comprennent la mise en oeuvre d’un plan opérationnel et le suivi de l’implantation. La principale stratégie fiscale implique une augmentation du contrôle de la gestion budgétaire par les acteurs-terrains. Aucune étude n’ayant été réalisée en contexte québécois et très peu ayant impliqué les acteurs-terrains dans la détermination des stratégies, il serait pertinent de le faire.
Notre colloque vise à dresser un état des lieux de la gouvernance collaborative au sein des centres intégrés (universitaires) de santé et de services sociaux (CI(U)SSS) et d’explorer les perspectives liées au développement d’une telle forme de gestion, tant sur le plan des décisions cliniques, qu’en ce qui concerne les structures administratives. La gouvernance collaborative est définie par Emerson, Nabatchi et Balogh (2012) comme un processus de gestion et de prise de décision qui englobe plusieurs parties prenantes. Cette gestion partagée et décentralisée permettrait notamment la prise en compte des intérêts et des points de vue de différents acteurs, et donc une meilleure démocratisation au sein des établissements. Dans le cadre des services de santé, de grands organismes internationaux ont notamment fait des recommandations qui tendent vers cette forme de gestion, en préconisant l’engagement des travailleurs de la santé et des usagers dans la gouvernance des systèmes de santé pour en améliorer la performance. Bien que le système de santé et de services sociaux du Québec montre certaines pratiques et structures qui tendent vers un tel modèle, il reste que les prises de décisions cliniques et organisationnelles impliquant des usagers ou les travailleurs semblent relativement peu mises de l’avant. Ce colloque permet ainsi de nous questionner sur les facilitants et les entraves à la participation des travailleurs du système de santé et de services sociaux et des usagers des services à la gouvernance des établissements au sein des CI(U)SSS. Une large place est notamment donnée, d’une part, aux recherches portant sur les innovations organisationnelles ou pédagogiques amenant directement ou indirectement à favoriser l’implantation de la gouvernance collaborative et, d’autre part, aux études qui observent les effets de la participation de différents acteurs du système de santé et de services sociaux aux prises de décisions.
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