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Alexandre Lanoix : Université de Montréal
La pertinence d’utiliser la littérature pour soutenir les apprentissages des élèves a été démontrée de multiples façons depuis plusieurs années. À ce titre, Tauveron (2002) illustre bien comment la lecture littéraire doit engager le lecteur-élève dans la production de sens. Cette idée nous apparait centrale et facilement transférable dans le développement de la littératie historique.
La littératie historique est la capacité des élèves à interpréter des documents historiques et à communiquer une réflexion dans le domaine de l’histoire en employant le vocabulaire et les méthodes propres à ce domaine (Nokes, 2013; Martel, 2018). La place des sources historiques d’époque y est centrale. Tout comme les textes littéraires, ces documents ne font pas sens en eux-mêmes et l’élève-lecteur doit s’engager dans leur lecture pour arriver à en tirer des apprentissages.
L’utilisation que nous proposons de la littérature jeunesse en sciences humaines au primaire vise justement à développer cette posture de lecteur engagé chez l’élève et à le réinvestir dans l’interprétation de sources historiques.
Depuis quelques années, en observant certaines initiatives professionnelles, il semble y avoir un désir de faire valoir l’utilisation des livres jeunesse à l’école et une envie de la part des enseignants de s’y engager. Ce constat, couplé à des recherches récentes traitant des pratiques enseignantes avec les livres jeunesse (Cuerrier, 2020), développant des outils pour favoriser l’utilisation de ces livres en classe (Desrochers, 2021) ou documentant les œuvres disponibles pour les élèves (Turgeon, Charron et McKinley, 2021), nous amène à vouloir valoriser les recherches qui s’intéressent aux livres jeunesse à l’école, et ce, selon trois questions simples : « Pourquoi? », « Comment? » et « Quoi? ». Celles-ci permettent d’observer les livres jeunesse selon différentes perspectives théoriques et méthodologiques.
En effet, certains s’intéressent au « pourquoi », donc aux raisons d’utiliser les livres jeunesse, comme recourir à des œuvres pour permettre aux élèves de différentes communautés culturelles de s’identifier (Botelho et Rudman, 2009). Cela permet de saisir le pouvoir des livres jeunesse quant à l’aspect participation de la lecture littéraire (Dufays, 2011), mais aussi à mieux connaître les autres et soi-même (Nikolajeva, 2014). D’autres s’intéressent au « comment », avec le développement de séquences didactiques pour l’appropriation de contenus scolaires, en grammaire (Thibault et Lacasse, 2019) ou en mathématiques (Desharnais, 2018). Les livres jeunesse permettent ici aux élèves de comprendre le monde qui les entoure (Nikolajeva, 2014). Enfin, d’autres traitent de l’objet-livre : le « quoi ». Certains peuvent analyser le contenu avec le système de personnages (Brisson, 2021), alors que d’autres peuvent s’attarder à la forme, comme aux effets typographiques (Duvin-Parmentier, 2018). Ces analyses permettent de couvrir l’aspect distanciation de la lecture littéraire (Dufays, 2011). Ces exemples servent à illustrer différents aspects de l’étude du livre jeunesse.
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