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Louis Jacob : UQAM - Université du Québec à Montréal
De multiples perspectives s’offrent maintenant à nous lorsque vient le temps de penser les liens entre littérature et démocratie, et plus spécifiquement ce que peut la littérature dans ce qu’il est convenu d’appeler l’éducation à la citoyenneté. Je propose de resserrer la réflexion autour de quelques enjeux théoriques ou conceptuels qui me paraissent essentiels, touchant à la fois à l’écriture et à la lecture.Il est remarquable en effet que les perspectives analytiques et phénoménologiques appliquées à l’acte de lecture se conjuguent de plus en plus étroitement aux perspectives sociologiques, pragmatiques et cognitivistes. Ensemble, elles redéfinissent l’intersection entre littérature, éducation et démocratie. Ce champ effervescent me semble se polariser entre deux positions distinctes, l’une « civique » et l’autre « agonistique », qui ne sont à mon avis ni exclusives ni incompatibles. Mon exposé va s’appuyer sur les résultats d’études évaluatives portant sur des résidences d’écrivains dans divers milieux, dont l’une menée entre 2019 et 2022 à Montréal. Je mobiliserai également des récits de pratique qui permettent d’illustrer davantage les potentialités de l’écriture et de la lecture dans des projets collaboratifs et des projets de co-création. Je voudrais démontrer que les positions parfois divergentes renvoient aux mêmes dispositions ou aux mêmes capacités fondamentales qui font que la littérature, au sens le plus englobant du terme, demeure un vecteur de citoyenneté.
Ce colloque porte un regard sur l’art comme vecteur de transformation sociale. Alors que l’art revendique un rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociaux (Ardenne, 2019; Cauquelin, 2018; Heinich, 2014; Fourmentraux 2012; Lamoureux et Uhl, 2018; Zask, 2014), il devient un moyen de connaissance et d’action abordant diverses questions socialement vives (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Ramade, 2015; Trudel et Fortin, 2022) qui suscitent des controverses, attisent des émotions, mettent en concurrence des représentations et des intérêts divergents, interrogent les systèmes de valeurs (Audigier, 2007; Legardez et Simonneaux, 2006). Les éditions précédentes de ce colloque avaient précisé de quelle manière ce nouveau paradigme artistique fournit un terreau fertile pour l’éducation (Kerlan et Langar, 2015; O’Farrell et Kukkonen, 2017), favorisant l’enrichissement d’une panoplie d’« éducations » à la citoyenneté, à l’antiracisme, à l’inclusion, à la démocratie, à l’environnement, etc.
Alors que les universités québécoises s’engagent dans une refonte majeure des programmes de formation à l’enseignement au regard d’un nouveau référentiel de compétences professionnelles (Québec, 2020), l’édition de 2023 de ce colloque a pour but de considérer des recherches émergentes pouvant inspirer la mise en œuvre, dans l’éducation scolaire, d’axes de formation transversaux ancrés dans les réalités sociales contemporaines, plus spécifiquement, comment les arts et la littérature peuvent-ils favoriser la prise de conscience, l’acquisition de connaissances, l’adoption de valeurs et de comportements susceptibles de répondre aux enjeux sociétaux complexes du XXIe siècle.
Considérant le contexte actuel de renouveau des programmes de formation universitaire, nous nous intéresserons aux recherches pouvant avoir des retombées significatives sur la formation initiale des enseignantes et enseignants des domaines des arts et des langues du Programme de formation de l’école québécoise.
Titre du colloque :