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Caroline Proulx : Université de Montréal
La littérature jeunesse comme levier à l’apprentissage lexical a fait l’objet de nombreuses recherches empiriques. Elle a maintes fois servi de contexte privilégié pour sélectionner des mots qui seront travaillés dans une démarche d’enseignement qui vise le réemploi (Anctil et al, 2018; Blachowicz et Obrochta, 2007; Gagnon, 2019). Dans d’autres dispositifs, la lecture de différentes œuvres jeunesse permet une connaissance plus approfondie des unités lexicales travaillées (Roubaud et Sardier, 2020). Cuerrier (2020) a décrit et analysé des pratiques enseignantes alliant littérature jeunesse et enseignement du vocabulaire.
Pour accroitre son bagage lexical et mobiliser efficacement son vocabulaire en situation de communication, l’élève peut mobiliser des ressources de tout ordre : cognitives, métacognitives, affectives, etc. Une modélisation de ces ressources a été proposée à des fins de formation continue pour les enseignants (Proulx, 2022). On y retrouve les connaissances déclaratives et procédurales ainsi que les attitudes relatives à l’apprentissage et à l’emploi des mots, à la compréhension du système lexical et au recours à différents outils lexicographiques. La littérature jeunesse s’avère un terreau fertile pour un travail sur ces différentes ressources. Cette communication vise à exemplifier des tâches et dispositifs qui permettent un travail sur les différentes composantes de la compétence lexicale.
Depuis quelques années, en observant certaines initiatives professionnelles, il semble y avoir un désir de faire valoir l’utilisation des livres jeunesse à l’école et une envie de la part des enseignants de s’y engager. Ce constat, couplé à des recherches récentes traitant des pratiques enseignantes avec les livres jeunesse (Cuerrier, 2020), développant des outils pour favoriser l’utilisation de ces livres en classe (Desrochers, 2021) ou documentant les œuvres disponibles pour les élèves (Turgeon, Charron et McKinley, 2021), nous amène à vouloir valoriser les recherches qui s’intéressent aux livres jeunesse à l’école, et ce, selon trois questions simples : « Pourquoi? », « Comment? » et « Quoi? ». Celles-ci permettent d’observer les livres jeunesse selon différentes perspectives théoriques et méthodologiques.
En effet, certains s’intéressent au « pourquoi », donc aux raisons d’utiliser les livres jeunesse, comme recourir à des œuvres pour permettre aux élèves de différentes communautés culturelles de s’identifier (Botelho et Rudman, 2009). Cela permet de saisir le pouvoir des livres jeunesse quant à l’aspect participation de la lecture littéraire (Dufays, 2011), mais aussi à mieux connaître les autres et soi-même (Nikolajeva, 2014). D’autres s’intéressent au « comment », avec le développement de séquences didactiques pour l’appropriation de contenus scolaires, en grammaire (Thibault et Lacasse, 2019) ou en mathématiques (Desharnais, 2018). Les livres jeunesse permettent ici aux élèves de comprendre le monde qui les entoure (Nikolajeva, 2014). Enfin, d’autres traitent de l’objet-livre : le « quoi ». Certains peuvent analyser le contenu avec le système de personnages (Brisson, 2021), alors que d’autres peuvent s’attarder à la forme, comme aux effets typographiques (Duvin-Parmentier, 2018). Ces analyses permettent de couvrir l’aspect distanciation de la lecture littéraire (Dufays, 2011). Ces exemples servent à illustrer différents aspects de l’étude du livre jeunesse.
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