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Habib Bardi : Université Paris Nanterre
Cette communication cherche à interroger le statut de la croyance à la lumière de l’actuelle crise civilisationnelle. Le capitalisme rend la croyance doublement impossible : effacement de la tradition au nom de l’« innovant », du « disruptif » ; annulation de l’avenir au profit du présent, de la vitesse, de la croissance. Or c’est cette impossibilité même qui pose la nécessité d’une redéfinition de la croyance. Si, comme le montrait Weber, la croyance en un autre monde a été scientifiquement abolie, si les utopies révolutionnaires ont perdu leur force mobilisatrice, il devient urgent de « croire en ce monde-ci », nous dit Deleuze.
On objectera que le temps n’est plus à la croyance, mais à l’action : ce serait oublier que l’une, comme disposition subjective et éthico-politique, est la condition de possibilité de l’autre. Pour mieux comprendre cette urgence, cette nécessité de croire, nous solliciterons les textes de William James et de Gilles Deleuze, qui proposent une redéfinition critique et pratique de la croyance. Nos questions seront les suivantes : comment le capitalisme abolit-il la croyance ? Pourquoi est-il nécessaire de croire aujourd’hui ? Quels types de croyance peut-on distinguer et sélectionner en pratique ? Quelles sont nos raisons de croire, nos possibles actuels ? Qu’en est-il enfin de l’avenir, et quelle place peut-on dès lors donner à l’impossible, à l’utopie, à la fabulation ?
Cela fait maintenant 20 ans qu’a été lancé dans l’espace public l’appel explicite à une décroissance de l’économie dans nos sociétés. Dans un premier temps, c’est surtout la question de savoir pourquoi mettre un terme à la croissance économique qui a été explorée par les chercheur·e·s. Alors que cette idée ne cesse de gagner du terrain dans les débats sur la durabilité, il est nécessaire de se pencher davantage à présent sur la question du « Comment ? ». Ce colloque sera l’occasion d’avancer dans cette direction. Nous tenterons d’y répondre par la question suivante : « Que répondre, et de quelles manières, aux questions relatives à la mise en œuvre de la décroissance ? »
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