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La patrimonialisation des catastrophes naturelles et la mémoire du risque d’inondation : l’exemple de la Petite Maison Blanche de Saguenay

ÉG

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Étienne Gariépy-Girouard : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Au Québec, bien qu’on trouve de nombreux monuments et lieux de commémoration informels rappelant des catastrophes naturelles passées, ces dernières sont largement sous-représentées dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec. L’un des repères commémoratifs matériels les plus connus est la Petite Maison Blanche, témoin du déluge du Saguenay en 1996. Cette communication propose une étude de ce cas, à travers une analyse du discours patrimonial qui a été construit autour de l’événement. D’abord, le site met l’accent de façon importante sur le caractère exceptionnel de l’événement, ainsi que sur la résistance du bâtiment et sur la ténacité des personnes qui ont subi la catastrophe. Cependant, sa présence à cet endroit est peu mise en contexte, et les causes de la catastrophe sont peu expliquées. Les ruines des bâtiments qui entouraient la maison avant le déluge ont majoritairement été effacées, ce qui écarte en partie la destruction de l’occupation ancienne au profit du seul bâtiment qui a résisté. Ensuite, la Petite Maison Blanche est présentée comme un symbole du courage et de la détermination de la population saguenéenne, contribuant à une identité, une appartenance et une fierté régionale. En ce sens, la narration patrimoniale affirme même une certaine supériorité de la population sur l’aléas inondation, ce qui peut mener à une sous-estimation de son importance ainsi qu’à une augmentation de la vulnérabilité et du risque.

Résumé du colloque

En ce centième anniversaire de l’Acfas, un projet de colloque conjoint est organisé par l’Institut du patrimoine de l’UQAM, en collaboration avec le Réseau Patrimoines de l’Université du Québec (RéPUQ), sur le thème de la commémoration au cœur des patrimoines québécois. Cent ans de patrimoine culturel et naturel, mais également cent ans de recherches liées aux différents patrimoines matériels et immatériels qui alimentent et inspirent la communauté scientifique des chercheur·se·s d’ici, issus de divers domaines, tels que l’histoire, l’art, l’histoire de l’art, la muséologie, la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature, l’architecture, l’éducation, l’archéologie, la géographie, l’environnement, l’océanographie, les sciences et les technologies, la gestion, le loisir, la culture, le tourisme, etc. De près ou de loin, les patrimoines sont imprégnés dans notre manière d’être et d’agir dans le quotidien, de même que dans nos rituels, valeurs, langues et sentiments d’appartenance au territoire qui témoignent de ce que nous sommes, soit de notre identité tant individuelle que collective, comme porteurs de traditions et d’héritages. Dans ce contexte, l’idée de commémoration s’impose, en souvenir de nos ancêtres, du chemin qu’ils ont parcouru, mais aussi de ce qui jonche nos découvertes et notre avancement comme société dans un monde sans cesse en mutation. Bref, ce colloque conjoint vise à tailler une brèche sur l’incidence du phénomène de la commémoration en lien avec les patrimoines dans le continuum scientifique du Québec; un lien pourtant évident, mais peu mis en lumière, le tenant jusqu’à maintenant pour acquis, en le considérant comme faisant partie de facto du « paysage culturel québécois ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

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