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Emmanuelle Soucy : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Plusieurs chercheurs sont d’avis qu’écouter, parler, lire et écrire ne devraient pas être enseignés de manière cloisonnée, mais que ces compétences langagières auraient tout intérêt à être appréhendées de manière intégrée (Bilodeau 2005 ; Doubet et Southall, 2018 ; Graham 2020 ; Simard et al., 2019). Une telle approche permettrait de faire ressortir les relations qui existent entre les différentes compétences et la façon dont chacune peut s’appuyer sur les autres pour s’enrichir (Graham, 2020). Elle favoriserait une meilleure compréhension de la langue chez les élèves (Morin et al., 2005) et leur permettrait de reconnaitre l’utilité de leurs apprentissages et d’en faire le transfert dans des situations complexes (Bilodeau et Chartrand, 2009). Shanahan (2016) s’intéresse à ces relations depuis de nombreuses années. Il répertorie trois façons d’appréhender les relations qui existent entre les compétences langagières : des relations au regard des connaissances partagées, des relations de nature sociocognitive ou encore des relations de nature fonctionnelle.
Cette communication a pour objectif de présenter la place que peuvent avoir les livres jeunesse dans une approche intégrée du français. Pour y répondre, les résultats issus d’une recherche exploratoire visant à connaitre les pratiques d’enseignants du primaire déclarant utiliser une approche intégrée du français seront présentés.
Depuis quelques années, en observant certaines initiatives professionnelles, il semble y avoir un désir de faire valoir l’utilisation des livres jeunesse à l’école et une envie de la part des enseignants de s’y engager. Ce constat, couplé à des recherches récentes traitant des pratiques enseignantes avec les livres jeunesse (Cuerrier, 2020), développant des outils pour favoriser l’utilisation de ces livres en classe (Desrochers, 2021) ou documentant les œuvres disponibles pour les élèves (Turgeon, Charron et McKinley, 2021), nous amène à vouloir valoriser les recherches qui s’intéressent aux livres jeunesse à l’école, et ce, selon trois questions simples : « Pourquoi? », « Comment? » et « Quoi? ». Celles-ci permettent d’observer les livres jeunesse selon différentes perspectives théoriques et méthodologiques.
En effet, certains s’intéressent au « pourquoi », donc aux raisons d’utiliser les livres jeunesse, comme recourir à des œuvres pour permettre aux élèves de différentes communautés culturelles de s’identifier (Botelho et Rudman, 2009). Cela permet de saisir le pouvoir des livres jeunesse quant à l’aspect participation de la lecture littéraire (Dufays, 2011), mais aussi à mieux connaître les autres et soi-même (Nikolajeva, 2014). D’autres s’intéressent au « comment », avec le développement de séquences didactiques pour l’appropriation de contenus scolaires, en grammaire (Thibault et Lacasse, 2019) ou en mathématiques (Desharnais, 2018). Les livres jeunesse permettent ici aux élèves de comprendre le monde qui les entoure (Nikolajeva, 2014). Enfin, d’autres traitent de l’objet-livre : le « quoi ». Certains peuvent analyser le contenu avec le système de personnages (Brisson, 2021), alors que d’autres peuvent s’attarder à la forme, comme aux effets typographiques (Duvin-Parmentier, 2018). Ces analyses permettent de couvrir l’aspect distanciation de la lecture littéraire (Dufays, 2011). Ces exemples servent à illustrer différents aspects de l’étude du livre jeunesse.
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