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Claire Honda : Université McGill
L’apprentissage d’une nouvelle langue peut être difficile, et donc décourageant pour les adultes, car le cerveau de l’adulte n’est pas aussi plastique que celui de l’enfant. La stimulation transcutanée du nerf vague (STNV) module les systèmes de perception, de mémoire, et d'attention, et pourrait ainsi permettre de surmonter cette plasticité réduite. Récemment, il a été démontré que la STNV peut améliorer la capacité de perception de tons mandarins chez les anglophones. Notre projet a exploré les avantages potentiels de la STNV pour l'apprentissage des langues au-delà de la perception de tons. Nous avons étudié la perception et la production de sons de langue étrangère ainsi que la motivation à apprendre des langues, avant et après une période d’apprentissage. Quarante-cinq adultes anglophones ont été divisés en trois groupes et ont appris à percevoir des sons allemands : un groupe a reçu de la stimulation pendant l’apprentissage de sons plus faciles, un groupe a reçu de la stimulation pendant l’apprentissage de sons plus difficiles, et un groupe témoin n'a reçu aucune stimulation. Nous avons constaté que la STNV n'a pas amélioré la perception ou la production des sons allemands, mais qu'elle a amélioré certains aspects de la motivation des participants. Plus précisément, le groupe qui a reçu de la STNV durant l’apprentissage de sons faciles a présenté une plus grande réduction des sentiments de tension/pression associés à l’apprentissage de langues que le groupe témoin.
Le bilinguisme est un atout important dans plusieurs milieux contemporains. Un grand nombre de travaux sur l’acquisition des langues secondes ont eu pour but de déterminer quelles variables pourraient favoriser le développement des compétences linguistiques des apprenants. Ces travaux ont permis de démontrer l’importance de facteurs tels que l’âge de l’apprenant ou le contexte d’apprentissage. De plus, au cours des dernières années nous avons assisté au développement rapide d’un nouvel axe de recherche sur le bilinguisme portant sur l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues secondes ou étrangères. Des chercheurs provenant de plusieurs disciplines, notamment la psychologie, la sociologie et la science politique, s’intéressent à des questions comme : est-ce que le quartier dans lequel une personne habite a une incidence sur ses compétences langagières et sa facilité à apprendre une nouvelle langue ? Comment est-ce que l’environnement influe sur les compétences langagières aux diverses étapes de la vie (petite enfance, enfance, âge adulte, personnes âgées) ? En plus de cet axe social, nous avons continué à témoigner d’une évolution rapide des connaissances en matière des éléments linguistiques, cognitifs et neurophysiologiques associés au bilinguisme et au multilinguisme. Ce colloque réunira des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche sur les incidences individuelles et socioculturelles du bilinguisme et favorisera la conception de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.
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