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Julie Auger : Université de Montréal
Les corpus sociolinguistiques de français montréalais et les analyses variationnistes auxquelles ils ont donné lieu font de cette variété de français l’une des mieux décrites. Les nouvelles technologies qui automatisent la collecte et l’exploitation des données permettent d’analyser des quantités de données considérables. Ces avancées sont importantes et ces recherches doivent se poursuivre.
Dans cette communication, j’exprimerai ma crainte que cet attrait pour la mécanisation et l’automatisation ne nous amène à favoriser les variables linguistiques pour lesquelles une recherche automatique est possible et à négliger les autres (par exemple, le redoublement des sujets). Je parlerai du danger de perdre de vue les données linguistiques elles-mêmes et les caractéristiques individuelles des locutaires qui les ont produites quand les quantités d’occurrences se chiffrent à des milliers. Je mettrai de l’avant l’importance de placer l’étude de la variation entre futur simple et périphrastique dans un contexte plus global qui prend en compte tous les types d’emploi de ces deux temps. Et je soulignerai les limites des corpus sociolinguistiques quand les formes requises pour établir la productivité de certaines formes se font trop rares pour faire l’objet d’analyses quantitatives et l’importance de développer des instruments de collecte de données qui permettent de combler ces lacunes, notamment en faisant appel au savoir de nos collègues experts en linguistique expérimentale.
L’objectif de ce colloque est de rassembler les chercheur·se·s s’intéressant au français montréalais, à ses variétés et à son évolution. Notre colloque met l’accent sur la spécificité et la pluralité des variétés de français parlées à Montréal. Une meilleure compréhension de cette richesse culturelle permettra de mieux comprendre les multiples facettes des pratiques langagières montréalaises ainsi que le développement des espaces identitaires.
Alors que le français parlé traditionnel est très bien documenté (voir les bibliographies dans Thibault et Vincent, 1990; Daveluy, 1994; Blondeau, 2014), il existe très peu de données sur les pratiques langagières des francophones issu·e·s des communautés culturelles et sur l’impact de ces pratiques sur le français montréalais. Pourtant, les pratiques langagières des Montréalais ont évolué et la sociolinguistique montréalaise aborde de plus en plus les problématiques liées au plurilinguisme des locuteur·trice·s (Blondeau, 2014, 2020; Blondeau et Friesner, 2011, 2014; Blondeau et Tremblay, 2016; Lamarre, 2013), un thème de recherche aussi d’actualité dans d’autres grandes métropoles multiculturelles comme Toronto (Denis, 2020, 2022; Hoffman et Walker, 2010; Nagy et al., 2013), Paris (Fagyal, 2010, soumis; Cheshire et Gadet, 2011) et Londres (Cheshire, 2020; Cheshire et al., 2011; Cheshire et Gadet, 2011; Sharma, 2011). De plus, peu d’études se sont intéressées à l’acquisition des traits du dialecte local par des francophones originaires d’autres pays de la francophonie et à l’impact des changements sociétaux sur la langue, particulièrement en ce qui a trait à la question des identités de genre.
Conférences
Hélène Blondeau, University of Florida
Isabelle Leblanc, Université de Moncton
Wim Remysen, Université de Sherbrooke
Anne-José Villeneuve, University of Alberta, campus Saint-Jean
Titre du colloque :