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Gaelle Lefer Sauvage : FRANCE
La période de (re-dé-)confinements aura permis de revoir un ensemble de notions conceptuelles à l’ordre du jour. Le bien-être en formation à distance a ainsi émergé des recherches (Mercier, 2020), et récemment modélisé à partir de 6 dimensions (Mercier et Lefer Sauvage, 2022). Ces dimensions renvoient à des adaptations conceptuelles issues de précédents travaux sur le bien-être des élèves (Bacro et al., 2017 ; Guimard et al., 2015 ; Ferrière et al., 2016). Ainsi, le bien-être en formation à distance semble être une notion enrichie par le contexte pandémique et adaptée au contexte. Mais les fondements conceptuels font toujours l’objet de discussions (Galand, 2022 ; Voyer et Boyer, 2001). L’histoire notionnelle du bien-être rappelle l’histoire notionnelle de l’estime de soi en psychologie (Martinot, 2002), ainsi que ses moyens d’évaluations (modélisation en facteurs, analyses comparatives et différentielles interculturelles, Florin et al., 2021 ; Mercier et al., 2021). Cette communication sera donc l’occasion d’interroger les déplacements conceptuels et épistémologiques de cette notion psychologique construite en contexte, en prenant le point de vue inverse : en quoi cet artefact culturel donne du sens aux recherches eurocentrées en psychologie ? Plus spécifiquement, il s’agira d’identifier les rapports entre contexte et culture (Sabatier, 1994), dans une approche émic, et socio-constructi-relativiste, pour redonner du sens et une forme à l’esprit du bien-être (Bruner, 1991).
Partout ou presque dans les recherches et les pratiques en éducation, l’idée de crise s’impose, plus encore depuis la pandémie de Covid-19. Cela comme si la spécificité de cette période pouvait occulter la lancinance et l’universalité d’autres crises. Des inégalités scolaires et sociales s'étaient creusées et aggravées avant celle-ci, mais elle a particulièrement obligé à un autre « grand bricolage » (De Saint-Martin & Gheorghiu, 2010); jusqu’à instituer la discontinuité pédagogique comme un nouveau paradigme. Il nous apparaît pourtant souhaitable et salutaire de dé-covidiser nos recherches et pratiques en éducation. Cela tant la crise pandémique subsumerait une crise (plus profonde) en éducation et dans la société, tant des pratiques éducatives s’enrégimenteraient dans ce paradigme, tant nombre de personnels et professionnel.le.s de l’intervention et de la recherche ne jureraient que par cette discontinuité, plutôt que de chercher à se déprendre à et à rompre avec cette nouvelle théorie de la rupture (dans un sillage foucaldien). Cela soulève plusieurs questions et des enjeux de recherche. Dans ce contexte de questionnement théorique et pratique, nous proposons d’étudier les effets dans les écoles et leur structure d'une certaine covidisation des recherches et des pratiques en éducation, en opérant un travail critique de déconstruction de représentations et catégories produites dans et par les sociétés et les écoles de la performance. Au-delà de l'influence de représentations stéréotypiques qui génèrent un discours polarisé sur la réussite et l'échec scolaires, nous souhaitons montrer la diversité des contrastes et des effets pédagogiques, scolaires et psychiques, sociaux et politiques, ainsi que les impacts négatifs et positifs de la pandémie dans les milieux de pratique et de recherche en éducation, sans oublier les milieux associés. Il nous semble que tant le développement d’ingénieries coopératives et de co-enseignements en éducation, que le partage redistribuant le leadership dans les écoles et la réélaboration de politiques scolaires incluant les élèves-acteurs du système scolaire, sont des pratiques souhaitables, dans un contexte de résilience numérique augmentée par la période que nous traversons et selon une perspective d'éducation inclusive et de réponse responsable à cette hausse.
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