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Dominique Pépin-Filion : Statistique Canada
Pour la première fois, trois nouvelles questions sur la langue des services et le bilinguisme des postes dans le secteur privé ont été posées à l’été 2022 dans le cadre de l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises (Statistique Canada, 2022).
L’objectif était de contribuer à combler le manque de connaissances sur la langue des services privés au Canada tout en répondant en partie à un besoin de données probantes sur la demande de main-d’œuvre bilingue dans le secteur privé au Canada et sur les difficultés de recrutement d’employés bilingues dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre (Morissette, 2022; Cocolakis-Wormstall, 2018). Ce besoin de données avait été identifié comme prioritaire lors de consultations avec les représentants des communautés francophones et acadiennes et pertinent à la lumière du plan d’action sur les langues officielles de 2018-2023 (Gouvernement du Canada, 2018).
Cette présentation offrira un regard sur cet exemple d’élaboration de statistiques sociales publiques (Desrosières, 2014, 2005) en plus de brosser le portrait d’ensemble des résultats préliminaires obtenus grâce à l’ajout de ces questions de langue à une enquête existante de Statistique Canada.
Au Canada, de nombreuses politiques linguistiques sont établies à partir de données linguistiques qui sont utilisées pour dresser la liste des lieux où les services gouvernementaux doivent être offerts en français. Au cœur de ce concept se trouve un besoin constant en données probantes pertinentes et à jour. D’un côté, ce besoin est exprimé par les institutions gouvernementales qui offrent des services publics, les organismes de la société civile qui représentent la francophonie canadienne, les conseils scolaires francophones qui aménagent la prestation de l’instruction publique, et bien d’autres. D’un autre côté, ces données sont produites, analysées, vulgarisées et diffusées par une communauté de recherche dans les établissements postsecondaires, par des services de consultants spécialisés et par des chercheuses et des chercheurs dans les institutions gouvernementales. Or, est-ce que les besoins en recherche et les capacités en recherche concordent dans la francophonie canadienne afin d’appuyer le développement et l’épanouissement des communautés francophones en situation minoritaire au Canada ?
Plusieurs enjeux rejoignent cette question de départ. Par exemple, il est bien connu que la recherche commanditée par le milieu communautaire est souvent moins bien considérée par les jurys de pairs dans le milieu universitaire. Comment valoriser ce type de recherche aux retombées pourtant claires et immédiates ? Aussi, plusieurs recherches sont publiées et diffusées dans des espaces qui sont parfois plus hermétiques ou encore peu accessibles au milieu communautaire. Comment veiller à ce que la recherche sur la francophonie canadienne rejoigne son objet de recherche ? Puis, les organismes de la société civile ont souvent des besoins précis en recherche, mais il arrive que les ententes avec les bailleurs de fonds limitent ou empêchent l’utilisation de leur financement de base pour commander de la recherche. Comment outiller ce milieu pour combler ces besoins en recherche ?
Les objectifs du colloque seront les suivants :
• Mettre en lumière des pratiques existantes de liens entre les milieux universitaire, gouvernemental et communautaire qui ont mené à la production et à la diffusion de recherches pertinentes pour appuyer l’épanouissement des communautés francophones en situation minoritaire.
• Rassembler les milieux universitaire, gouvernemental et communautaire pour discuter des défis liés à la production et à la diffusion de la recherche sur la francophonie canadienne.
• Offrir un espace pour diffuser et faire connaître des recherches innovantes sur la francophonie canadienne dans le cadre du congrès soulignant le 100e anniversaire de l’Acfas.
Titre du colloque :