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Wim Remysen : Université de Sherbrooke
Depuis l’essor de la sociolinguistique variationniste, le français parlé de Montréal est devenu une des variétés de français les mieux étudiées suivant les principes de ce courant. Les sociolinguistes montréalais ont par ailleurs grandement contribué au renouvellement du champ, notamment dans le domaine du changement linguistique (Blondeau 2020). Parallèlement aux études variationnistes, les représentations linguistiques des francophones de Montréal ont fait l’objet de plusieurs travaux, certains inspirés de la technique du locuteur masqué, d’autres tournés vers les discours métalinguistiques.
Dans cette conférence, nous plaiderons pour une approche qui permet de faire le pont entre les pratiques linguistiques et les valeurs symboliques et identitaires associées à certaines d’entre elles. Il s’agit de la sociolinguistique perceptuelle, un courant déjà bien établi dans certaines communautés, mais encore peu exploré dans la francophonie. Cette approche, inspirée e.a. des travaux de Preston (2011) et Krefeld/Pustka (2010), s’intéresse aux effets de catégorisation associés à certains phénomènes linguistiques, dans une perspective étique. Cette approche nous paraît particulièrement intéressante dans le contexte actuel, marqué par une volonté de plus en plus affirmée de se pencher sur des problématiques traditionnellement moins étudiées, comme le plurilinguisme, la diversité culturelle du fait français ou encore les contacts entre variétés de français dans l’espace montréalais.
L’objectif de ce colloque est de rassembler les chercheur·se·s s’intéressant au français montréalais, à ses variétés et à son évolution. Notre colloque met l’accent sur la spécificité et la pluralité des variétés de français parlées à Montréal. Une meilleure compréhension de cette richesse culturelle permettra de mieux comprendre les multiples facettes des pratiques langagières montréalaises ainsi que le développement des espaces identitaires.
Alors que le français parlé traditionnel est très bien documenté (voir les bibliographies dans Thibault et Vincent, 1990; Daveluy, 1994; Blondeau, 2014), il existe très peu de données sur les pratiques langagières des francophones issu·e·s des communautés culturelles et sur l’impact de ces pratiques sur le français montréalais. Pourtant, les pratiques langagières des Montréalais ont évolué et la sociolinguistique montréalaise aborde de plus en plus les problématiques liées au plurilinguisme des locuteur·trice·s (Blondeau, 2014, 2020; Blondeau et Friesner, 2011, 2014; Blondeau et Tremblay, 2016; Lamarre, 2013), un thème de recherche aussi d’actualité dans d’autres grandes métropoles multiculturelles comme Toronto (Denis, 2020, 2022; Hoffman et Walker, 2010; Nagy et al., 2013), Paris (Fagyal, 2010, soumis; Cheshire et Gadet, 2011) et Londres (Cheshire, 2020; Cheshire et al., 2011; Cheshire et Gadet, 2011; Sharma, 2011). De plus, peu d’études se sont intéressées à l’acquisition des traits du dialecte local par des francophones originaires d’autres pays de la francophonie et à l’impact des changements sociétaux sur la langue, particulièrement en ce qui a trait à la question des identités de genre.
Conférences
Hélène Blondeau, University of Florida
Isabelle Leblanc, Université de Moncton
Wim Remysen, Université de Sherbrooke
Anne-José Villeneuve, University of Alberta, campus Saint-Jean
Titre du colloque :