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Virginie Martel : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Par sa médiathèque et son engagement ferme en formation et en recherche, le LIMIER* participe depuis 15 ans à l’essor du savoir lié à la médiation des œuvres de littérature illustrée et au développement de la littératie en milieu scolaire. Dépassant les horizons de l’école, le projet du LIMIER VOYAGEUR incarne le rêve d’un engagement citoyen permettant d’explorer les possibles en dehors du cadre scolaire, avec et pour des communautés vulnérables. L’enjeu de la littératie dans les milieux ruraux dévitalisés (Ouellet, 2021) y constitue une préoccupation centrale. Considérant entre autres que l’interruption de l’environnement scolaire pendant la période estivale a des impacts majeurs pour les jeunes de ces milieux (Alexander, Pitcock et Boulay, 2016), le LIMIER VOYAGEUR souhaite participer à l’offre d’activités de littératie ludiques estivales pour les enfants. Plus largement, ce projet de littératie mobile souhaite multiplier les occasions de médiation des œuvres illustrées auprès des personnes isolées, dont les familles, les aînés, les adultes marginalisés et les populations immigrantes. Dans cette communication , nous proposons d’exposer l’argumentaire derrière ce prolongement mobile du LIMIER en explorant les enjeux de la littératie en milieu rural et l’apport central que peuvent y jouer les œuvres illustrées jeunesse.
*LIMIER : Littératie Illustrée : Médiathèque, Intervention en Éducation et Recherche. www.lelimier.com
Depuis quelques années, en observant certaines initiatives professionnelles, il semble y avoir un désir de faire valoir l’utilisation des livres jeunesse à l’école et une envie de la part des enseignants de s’y engager. Ce constat, couplé à des recherches récentes traitant des pratiques enseignantes avec les livres jeunesse (Cuerrier, 2020), développant des outils pour favoriser l’utilisation de ces livres en classe (Desrochers, 2021) ou documentant les œuvres disponibles pour les élèves (Turgeon, Charron et McKinley, 2021), nous amène à vouloir valoriser les recherches qui s’intéressent aux livres jeunesse à l’école, et ce, selon trois questions simples : « Pourquoi? », « Comment? » et « Quoi? ». Celles-ci permettent d’observer les livres jeunesse selon différentes perspectives théoriques et méthodologiques.
En effet, certains s’intéressent au « pourquoi », donc aux raisons d’utiliser les livres jeunesse, comme recourir à des œuvres pour permettre aux élèves de différentes communautés culturelles de s’identifier (Botelho et Rudman, 2009). Cela permet de saisir le pouvoir des livres jeunesse quant à l’aspect participation de la lecture littéraire (Dufays, 2011), mais aussi à mieux connaître les autres et soi-même (Nikolajeva, 2014). D’autres s’intéressent au « comment », avec le développement de séquences didactiques pour l’appropriation de contenus scolaires, en grammaire (Thibault et Lacasse, 2019) ou en mathématiques (Desharnais, 2018). Les livres jeunesse permettent ici aux élèves de comprendre le monde qui les entoure (Nikolajeva, 2014). Enfin, d’autres traitent de l’objet-livre : le « quoi ». Certains peuvent analyser le contenu avec le système de personnages (Brisson, 2021), alors que d’autres peuvent s’attarder à la forme, comme aux effets typographiques (Duvin-Parmentier, 2018). Ces analyses permettent de couvrir l’aspect distanciation de la lecture littéraire (Dufays, 2011). Ces exemples servent à illustrer différents aspects de l’étude du livre jeunesse.
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