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Ronald Williams : Université de Montréal
Durant sa vie, le caractère et les aménagements de chaque parc reflètent et expriment les différentes valeurs et forces sociales des périodes successives. Cette évolution est particulièrement marquée au parc Jean-Drapeau à Montréal.
L’assiette biophysique de l’île, ainsi que sa localisation stratégique, l’ont rendue idéale comme foyer pour des villages de Premières Nations pendant des siècles. Ces mêmes avantages ont ensuite accommodé la construction de forteresses et l’exploitation agricole pendant l'ère coloniale. Aux années 1870, les nouvelles forces d’industrialisation et d’urbanisation ont motivé sa transformation en site récréatif. Le parc de l’île Sainte-Hélène a ensuite évolué graduellement selon les nouvelles tendances, jusqu’aux années 1930, quand la réponse à la crise économique a mené à des modifications majeures.
La transformation spectaculaire du petit archipel pour créer l’Expo 67 nous ouvre une perspective unique vers les valeurs du monde dynamique et optimiste des années 60. L’évolution du parc depuis ce grand moment offre une fenêtre sur des changements rapides et souvent extrêmes dans la définition d’un parc.
L’étude de cette évolution pourraient nous permettre de tirer quelques conclusions sur les définitions changeantes d’un parc, et de réfléchir sur quelques notions générales, dont « l’ouverture de l’espace ouvert » (Openness of open space) comme dit Kevin Lynch ; et le « syndrome du 2e parc »".
Les parcs urbains, figures socio paysagère en constante évolution, se voient élevés au rang d’infrastructures vertes essentielles de nos villes. Un important changement de paradigme s’opère dans la planification et la gestion des parcs urbains alors que leurs rôles ne se limitent plus à la récréation et la « bienséance » de l’espace vert, mais s’élargit à la conservation, l’inclusion, la réconciliation, l’expérimentation, l’adaptation et la lutte aux crises environnementales. Investir dans des espaces verts urbains plus durables et y créer des aménagements dans ce sens, c’est investir dans la lutte et dans l’adaptation face aux crises climatiques.
La session s’intéressera aux nouvelles pratiques et préoccupations, ainsi qu’au changement de paradigme auxquelles sont confrontés les parcs urbains pour affronter les crises environnementales conjointes, soit celle de biodiversité et des changements climatiques. De nouvelles tendances, préoccupations et priorités émergent : 1) la création de mosaïques d’habitats et de corridors écologiques dans les projets d’aménagement pour soutenir la biodiversité; 2) le calcul des services écosystémiques et des bénéfices économiques et de santé liés à la nature; 3) la diversité des milieux et des usages; 4) l’adoption de la gestion différenciée; 5) l’augmentation de la forêt à trois strates; 6) le retour et la conservation des espèces végétales indigènes; 7) le contrôle des espèces envahissantes; 8) l’interdisciplinarité pour la création de ces paysages complexes par exemple; et 9) la déminéralisation des surfaces minérales. Cette session s’intéressera donc à ces changements qui s’opèrent et à ces pratiques qui prennent de l’importance dans l’aménagement des parcs urbains. Le cadre mondial sur la biodiversité adopté à la COP15 à Montréal de même que l’approche Nature-Based Solutions seront au cœur des discussions qui prendront appui sur l’exemple du parc Jean-Drapeau, un territoire inscrit dans ce mouvement de redéfinition des espaces et des rôles des parcs urbains. La session présentera des pratiques et des recherches inspirantes pour nous guider dans ce changement de paradigme et de vision des parcs.
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