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Audrey Bélanger : Université de Sherbrooke
L’étude d’un roman historique, dont celui évoquant l’Holocauste, peut donner lieu à un travail interdisciplinaire entre français et histoire (Dumortier et Raxhon, 2015). Ce sont deux disciplines qui partagent, à travers le développement de la lecture littéraire et de la pensée historienne, des finalités critiques et citoyennes (Dufays et al., 2015; Seixas et Morton, 2013). Or, à l’heure actuelle, il est rare que ces disciplines complémentaires se rencontrent dans une dynamique intégrative. Ce qui peut notamment s’expliquer par la complexité de sa mise en œuvre, en partie attribuable au cloisonnement disciplinaire, au manque de temps, de ressources ou de formation des enseignants (Bélanger, 2022).
Ainsi, notre contribution portera sur la valeur du roman historique pour servir la formation citoyenne des élèves, et elle présentera un travail d’enquête visant à soutenir l’étude de l’Holocauste au moyen de la lecture.
Ce dispositif, dont le développement s’inscrit dans le processus d’une recherche design (McKenney et Reeves, 2019), vise à accompagner les enseignants dans l’exploration du potentiel (trans)formateur d’une rencontre entre narration, fiction et histoire. Conséquemment, il se veut un outil facilitateur pouvant non seulement contribuer à alimenter la conversation scientifique dans différentes disciplines, mais aussi à engager un travail de littérature qui, enrichi par un travail d’histoire, peut permettre d’aller plus loin dans l’analyse de l’aventure humaine.
Ce colloque porte un regard sur l’art comme vecteur de transformation sociale. Alors que l’art revendique un rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociaux (Ardenne, 2019; Cauquelin, 2018; Heinich, 2014; Fourmentraux 2012; Lamoureux et Uhl, 2018; Zask, 2014), il devient un moyen de connaissance et d’action abordant diverses questions socialement vives (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Ramade, 2015; Trudel et Fortin, 2022) qui suscitent des controverses, attisent des émotions, mettent en concurrence des représentations et des intérêts divergents, interrogent les systèmes de valeurs (Audigier, 2007; Legardez et Simonneaux, 2006). Les éditions précédentes de ce colloque avaient précisé de quelle manière ce nouveau paradigme artistique fournit un terreau fertile pour l’éducation (Kerlan et Langar, 2015; O’Farrell et Kukkonen, 2017), favorisant l’enrichissement d’une panoplie d’« éducations » à la citoyenneté, à l’antiracisme, à l’inclusion, à la démocratie, à l’environnement, etc.
Alors que les universités québécoises s’engagent dans une refonte majeure des programmes de formation à l’enseignement au regard d’un nouveau référentiel de compétences professionnelles (Québec, 2020), l’édition de 2023 de ce colloque a pour but de considérer des recherches émergentes pouvant inspirer la mise en œuvre, dans l’éducation scolaire, d’axes de formation transversaux ancrés dans les réalités sociales contemporaines, plus spécifiquement, comment les arts et la littérature peuvent-ils favoriser la prise de conscience, l’acquisition de connaissances, l’adoption de valeurs et de comportements susceptibles de répondre aux enjeux sociétaux complexes du XXIe siècle.
Considérant le contexte actuel de renouveau des programmes de formation universitaire, nous nous intéresserons aux recherches pouvant avoir des retombées significatives sur la formation initiale des enseignantes et enseignants des domaines des arts et des langues du Programme de formation de l’école québécoise.
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