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François Larose : Université de Sherbrooke
Le recours au numérique de la part des personnes intervenantes du secteur communautaire en milieu défavorisé est particulièrement peu documenté au plan empirique. Pourtant, leur rôle en tant que personnes médiatrices du lien École-Famille-Communauté y est essentiel (Larose et al. 2018a, 2018b). L’usage de ces technologies en matière d’intervention auprès de la famille vulnérable ou à la charnière de cette dernière et de l’école est méconnu tant chez les personnes intervenantes que chez les parents ou les enfants d’âge préscolaire ou scolaire (Thivierge et al., 2019). Le phénomène est identique lorsque la documentation scientifique traite d’accès aux outils numériques chez les enfants d’âge préscolaire ou scolaire en milieu défavorisé ou du contrôle parental en matière d’accès et d’usage de ces ressources. Dans cette communication, nous présenterons les résultats d’une recherche exploratoire réalisée auprès des personnels (N = 20, entrevues individuelles) et de parents bénéficiaires (N = 30, entrevues de groupe) de deux organismes communautaires Famille intervenant en milieu fragilisé urbain et semi-rural. À partir d’une analyse critique du discours (Hsieh et Shannon, 2005; van Dijk et Kintsch, 1983), nous ferons état d’une modélisation des éléments caractérisant les représentations des personnes intervenantes et des intervenues à l’égard des usages, limites et obstacles à l’utilisation du numérique dans la médiation exercée entre famille et milieux (péri)scolaires.
À l’heure actuelle, la présence des adolescents, des enfants, et voire même des tout-petits dans l’« environnement numérique » (contextes physiques d’usage du numérique, réseaux sociaux numériques, logiciels de visioconférence, jeux vidéo, plateformes de visionnement, etc.) pose des enjeux pour les familles, le monde de l’éducation et la sphère politique.
Au Québec, 85 % des parents disent avoir des règles d’encadrement du numérique à la maison et 28 % considèrent « très probable » que leur enfant soit victime de cyberintimidation dans sa vie (Académie de la transformation numérique, 2021).
Dans le monde scolaire, la sollicitation d’organismes comme le Centre pour l’intelligence émotionnelle en ligne, lesquels offrent des activités de sensibilisation et d’information sur le « bien-être numérique », témoigne de la préoccupation des personnes enseignantes pour cette question.
À l’échelon gouvernemental, la présence de la dimension « Agir en citoyen éthique à l’ère du numérique » dans le Cadre de référence de la compétence numérique, l’adoption de la Stratégie québécoise sur l’utilisation des écrans et la santé des jeunes 2022-2025 ainsi que l’intégration d’éléments de littératie numérique dans la version provisoire du programme d’études Culture et citoyenneté québécoise attestent d’une certaine préoccupation des décideurs politiques au regard de l’influence du numérique sur le bien-être et le développement des tout-petits, des enfants et des adolescents.
Cela dit, nous disposons de peu de connaissances nous permettant de bien saisir la diversité des initiatives et des actions visant à minimiser les risques et à maximiser les occasions du numérique pour les jeunes, de même que leurs fondements et leurs effets. Ce colloque propose de poser les questions suivantes :
Notons que ces questions sont proposées à titre indicatif. Toute proposition de communication traitant d’un enjeu lié au numérique dans la vie des tout-petits, des enfants ou adolescents sera considérée par les personnes organisatrices.
Conférencier invité confirmé : Normand Landry, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation aux médias et droits humain (Université TELUQ)
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