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Mirella Tarmure Vadean : Université de l'Ontario français
Ma communication proposera les prolégomènes à la notion de personne frontière, présentée en complément à la notion d’objet frontière (Star & Griesemer). J’analyserai le rapport objet/sujet situé dans une zone frontalière en éducation, entre l’ancien paradigme - encore en place et le nouveau paradigme - à venir encore, une zone d’influence (Laberge), qui sépare et unit à la fois. L’objet frontière évoque la transdisciplinarité sous forme de potentiel. La personne frontière l’actualise, en assure le dynamisme, engage la traversée et la transgression. Il ne suffit plus d’observer, depuis un seul plan extérieur à nous, un objet, qui, de disciplinaire devient transdisciplinaire (Nicolescu, Morin). Le sujet s’impose avec ses échelles qui sont aussi importantes que les échelles de l’objet. Le vécu de la réalité disciplinaire est fonction de l’état de conscience de celui qui la vit (Pasquier). La personne frontière incarne la catégorie du Sujet transdisciplinaire, aujourd’hui, en progression, dans nos institutions. Premièrement, j’explorerai les attributs de la personne frontière qui s’investit dans une traversée des savoirs. Connaissances, compétences et valeurs se légitiment pour elle comme des savoirs-devenir liés à un apprentissage profond, propre à l’être humain face à l’apprentissage profond artificiel. Deuxièmement, le cas concret du cours sur la transdisciplinarité, créé à l’Université de l’Ontario français, me servira d’exemple probant pour la mise en place de ce concept.
Ce colloque vise à réunir des chercheur·se·s, des enseignant·e·s et des membres de la société concernés par la transdisciplinarité. Il présente l’étude sur la transdisciplinarité comme moteur et cadre porteur d’une évolution des savoirs où l’objet étudié coexiste et s’affine en même temps que le sujet (l’être humain) qui l’étudie, où le développement de la conscience et de l’intelligence humaine demeure primordial dans le contexte du développement accru et parallèle de l’intelligence artificielle, à laquelle les disciplines ne peuvent pas échapper (AUF, 2022). Le terme « savoirs » allie les savoirs proprement dits (connaissances), les savoir-faire (compétence) et les savoir-être (valeurs).
Proposée comme terme par Piaget en 1970, définie ensuite dans les années 1990 comme approche assise sur une triple fondation : logique, épistémologique et ontologique (Nicolescu), valorisée depuis 2000, notamment comme pratique de recherche-action par la promotion du Mode 2 de production de savoir (Gibbons et al.) et par l’intégration du concept de science post-normale (Jahn), la transdisciplinarité réalise un pont entre l’université et la société (industrie, gouvernements, ONG) afin de traiter des problèmes concrets issus du monde réel et non seulement des disciplines universitaires. Ainsi, la transdisciplinarité est devenue une véritable posture qui vise l’éducation tout comme elle vise l’économie, la société, l’éthique, les arts, la poésie et l’expérience intérieure (Kesteman).
La transdisciplinarité, « concerne, comme le préfixe “trans” l’indique, ce qui est à la fois entre les disciplines, à travers les différentes disciplines et au-delà de toute discipline ». Sa finalité est la résolution des problèmes complexes depuis une position « d’unité [du sujet et de l’objet dans] la connaissance » (Nicolescu).
De quelle manière la transdisciplinarité contribue-t-elle concrètement au changement de paradigme actuel ? En faisant évoluer les savoirs, comment la transdisciplinarité favorise-t-elle une éducation profonde qui concerne l’être humain au complet (McGregor) et quel est l’incidence d’une telle éducation sur le marché du travail ?
Nous tenterons de répondre à ces questions par un échange d’expériences et d’expertises acquises en recherche, en enseignement, en apprentissage, en création de programmes/formations transdisciplinaires ou en gouvernance, expériences provenant du milieu universitaire, mais aussi de la société. Les sciences humaines et sociales seront convoquées en association avec les sciences exactes et les sciences médicales.
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