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Boromir Vallée Dore : Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec
Cette conférence présente les conditions à favoriser lors du développement de stratégies d’actions répondant à des enjeux d’exclusion vécus par des groupes victimes de discrimination, et diminuer les risques de situation d’itinérance pour ces personnes. Pour ce faire, nous nous appuierons sur des exemples concrets déployés par trois organisations oeuvrant sur le terrain. À partir de ces exemples, nous porterons une double réflexion. Premièrement, nous nous pencherons sur les conditions à favoriser dans la mise en place de pratiques efficaces pour répondre aux enjeux d’accessibilité et d’exclusion. Enjeux qui contribuent à augmenter les risques d’itinérance et le maintien de personnes dans des situations de grande précarité. Puis, nous soulignerons l’importance du travail de terrain dans l’élaboration d’une réponse adaptée et adéquate ancrée dans le respect de la personne.
L’itinérance est un phénomène complexe marqué par l’intersection de facteurs structurels, institutionnels et interpersonnels. Les personnes racisées, immigrantes, autochtones, en situation de handicap et LGBTQ+ révèlent différents visages de l’itinérance et des expériences multiples d’oppression et de discrimination. Pour répondre de manière sensible et anti-oppressives aux enjeux vécus par des groupes à la croisée des oppressions, il importe de repenser les méthodes de recherche et d’intervention en matière d’itinérance. Issue des travaux de féministes noires, l’intersectionnalité fait partie d’une perspective intégrative qui postule que les formes d’oppression ne peuvent être considérées indépendamment ou simplement comme additives (Collins et Bilge, 2016). Cette théorie permet d’appréhender les phénomènes de marginalisation tels que l’itinérance comme étant imbriqués dans des systèmes d’oppression (comme le racisme, le colonialisme, le capacitisme, le cishétérosexisme), des facteurs structurels (comme la précarité économique et le manque de logements abordables) et des facteurs institutionnels (comme les politiques institutionnelles discriminatoires). Si l’intersectionnalité est de plus en plus présente dans les réflexions théoriques et pratiques en sciences humaines et sociales, jusqu’à constituer un buzzword (Davis, 2008), elle demeure encore une perspective « imprécise et ambiguë » (Harper et Kurtzman, 2014). Le but de ce colloque est donc d’offrir un point de rencontre pour croiser les savoirs sur l’intersectionnalité afin de discuter de l’intersection des rapports d’oppression et de discrimination qui caractérisent l’itinérance. Nous rassemblerons des contributions en trois axes de réflexion : 1) les réalités de l’itinérance au prisme de l’intersectionnalité; 2) les usages de l’intersectionnalité dans la recherche sur l’itinérance; et 3) les usages de l’intersectionnalité dans les pratiques d’intervention en itinérance.
Titre du colloque :