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Catinca Adriana Stan : Université Laval
Les œuvres d’art sont conçues d’après un canon esthétique qui se modifie en même temps que les fonctions sociales de l’art (Monet, 2000). Utilisées en formation initiale des enseignant.e.s, elles deviennent un matériel privilégié pour comprendre les relations de pouvoir, ainsi que les valeurs dominantes d’une époque. Ainsi, les étudiant.e.s pourraient mieux cerner les stéréotypes, le racisme, le sexisme, etc., que certaines œuvres affirment ou dénoncent.
Nous avons conçu et testé une grille d’analyse d’œuvres d’art, combinant une lecture historique et esthétique. Elle se base sur les concepts de la pensée historique de Seixas (2013) et sur l’approche d’Erickson (1994; 1998), centré sur le lecteur, ainsi que sur l’auteur et son œuvre. Notre grille alterne des questions d’ordre historique et esthétique, pour une meilleure fluidité de l’analyse (Stan, 2018; 2021).
Premièrement, nous présenterons les résultats d’une recherche utilisant cette grille, concernant la prise de conscience des élèves de 6e année du primaire quant aux enjeux sociétaux, à travers des œuvres d’art. Ensuite, nous présentons deux cours de didactique d’univers social, dans le cadre desquels nous utilisons régulièrement la grille d’analyse. Nos cours prévoient une sortie au MNBAQ et un module sur l’art carcéral. Nous témoignons de l’impact de toutes ces activités sur la prise de conscience des futur.e.s ensignant.e.s du primaire quant aux différents enjeux, ainsi que sur leurs apprentissages en univers social.
Ce colloque porte un regard sur l’art comme vecteur de transformation sociale. Alors que l’art revendique un rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociaux (Ardenne, 2019; Cauquelin, 2018; Heinich, 2014; Fourmentraux 2012; Lamoureux et Uhl, 2018; Zask, 2014), il devient un moyen de connaissance et d’action abordant diverses questions socialement vives (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Ramade, 2015; Trudel et Fortin, 2022) qui suscitent des controverses, attisent des émotions, mettent en concurrence des représentations et des intérêts divergents, interrogent les systèmes de valeurs (Audigier, 2007; Legardez et Simonneaux, 2006). Les éditions précédentes de ce colloque avaient précisé de quelle manière ce nouveau paradigme artistique fournit un terreau fertile pour l’éducation (Kerlan et Langar, 2015; O’Farrell et Kukkonen, 2017), favorisant l’enrichissement d’une panoplie d’« éducations » à la citoyenneté, à l’antiracisme, à l’inclusion, à la démocratie, à l’environnement, etc.
Alors que les universités québécoises s’engagent dans une refonte majeure des programmes de formation à l’enseignement au regard d’un nouveau référentiel de compétences professionnelles (Québec, 2020), l’édition de 2023 de ce colloque a pour but de considérer des recherches émergentes pouvant inspirer la mise en œuvre, dans l’éducation scolaire, d’axes de formation transversaux ancrés dans les réalités sociales contemporaines, plus spécifiquement, comment les arts et la littérature peuvent-ils favoriser la prise de conscience, l’acquisition de connaissances, l’adoption de valeurs et de comportements susceptibles de répondre aux enjeux sociétaux complexes du XXIe siècle.
Considérant le contexte actuel de renouveau des programmes de formation universitaire, nous nous intéresserons aux recherches pouvant avoir des retombées significatives sur la formation initiale des enseignantes et enseignants des domaines des arts et des langues du Programme de formation de l’école québécoise.
Titre du colloque :