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L'épopée et la chanson peules, étude comparative de deux genres littéraires oraux

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Amadou Sow : Université Cheikh-Anta-Diop

Résumé de la communication

La littérature orale africaine offre des perspectives de recherches intéressantes. C’est un domaine dynamique qui fait l’objet de plusieurs questionnements de la part des chercheurs qui ne cessent de produire des œuvres dans le but de fixer les contours de cette littérature à la croisée de plusieurs disciplines.

Dans cet ordre d’idées, la définition et la délimitation des genres littéraires oraux ont toujours fait l’objet de débats. Ainsi, bon nombre de chercheurs abordent le sujet sous l’angle de la complémentarité. Par exemple, Jacques Chevrier[1] montre les similitudes entre le mythe et le conte qui apparaît, dans une certaine mesure, comme une désacralisation des récits mythologiques.

Une telle étude comparative peut être faite entre l’épopée et la chanson peules.

Dans notre communication, en partant des épopées et des chansons dédiées aux héros peuls que sont Samba Guélâdio Djiêgui, Yéro Mâma, Guélâdio Ham Bodêdio et El Hadj Omar Tall, nous montrerons que l’épopée et la chanson, au-delà de leurs différences, sont des genres très proches, voire complémentaires.

[1] Jacques Chevrier, L’arbre à palabres : essai sur les contes et récits traditionnels d’Afrique noire, Hatier, 1986.

Résumé du colloque

Depuis les années 1980, nous assistons à une production accrue des genres dits populaires, et donc d’un lectorat populaire croissant en Afrique subsaharienne, aux Caraïbes et au Maghreb. Mais il n’y a pas que cette plus grande importance quantitative qui fait de ce corpus un objet méritant que la critique s’y intéresse de plus près. En effet, il s’avère que ces textes que la critique range dans des « sous-genres » comme le roman policier, le roman sentimental, le feuilleton, la science-fiction ou la littérature de jeunesse procèdent à la modification de certains paramètres des genres populaires, de sorte qu’on aboutit à des textes qui transgressent à la fois les conventions de ces genres et celles des canons littéraires dominants.

Autrement dit, il s’agit d’un processus d’appropriation des genres les plus lus dans le monde, mais qui, en francophonie comme ailleurs, sont toujours soupçonnés d’un déficit de littérarité. Et pourtant, comme le signalait déjà Bernard Mouralis en 1975, cette marginalisation ne repose « sur aucun fondement théorique, ni même sur l’examen des caractères propres des textes […] » (Mouralis, 1975, p. 10).

L’objectif du colloque est donc d’interroger de plus près un corpus varié de cette production récente du champ littéraire francophone afin de mieux cerner certaines des modalités de cette littérarité. Nous proposons, plus spécifiquement, d’examiner la dimension discursive et énonciative des œuvres à partir de quelques approches théoriques courantes ouvrant sur plusieurs pistes d’analyse :

– Construction du discours et de la voix des personnages et des narrateurs (analyse du discours et théories de l’énonciation);

– Textualisation des discours sociaux au sens de la sociocritique (discours historiques dans la littérature de jeunesse, féminisme dans le roman sentimental, didactismes dans le polar, etc.);

– Plurilinguismes et intertextualités;

– Défaillances de la parole, doubles langages, silences, langages du corps;

– Ironies, clichés, stéréotypes et exotismes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

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