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Majdi Ben Selma : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
Peu de recherches se sont intéressées aux mécanismes qui permettent aux capacités dynamiques de favoriser l’innovation ouverte. En se basant sur les apports de la théorie des capacités dynamiques, cette recherche met en avant le rôle joué par les capacités de « sensing », « seizing » et « reconfiguring » dans ce cadre. Plus particulièrement, ce travail vise à mieux comprendre les capacités dynamiques développées par les banques lors de la mise en œuvre d’une stratégie d’innovation ouverte avec les Fintech. Une approche qualitative, basée sur trois études de cas d’innovation ouverte au Canada, a permis d’identifier les capacités dynamiques clés dans ce contexte. L’analyse des résultats met en évidence, d’une part l’importance de la capacité d’identification des opportunités dans l’environnement des technologies financières. D’autre part, la saisie de cette opportunité nécessite le développement d’une capacité d’acquisition des connaissances issues des Fintech dans le cadre de la collaboration. Enfin, les cas étudiés montrent l’importance de la capacité d’adaptation à la spécificité des Fintech. Ce travail a le mérite de contribuer à la littérature sur le lien entre innovation ouverte et capacités dynamiques à travers les enseignements tirés du contexte spécifique du secteur financier.
Avec le développement rapide des technologies financières dans les applications commerciales, des occasions de recherche passionnantes se présentent.
L’émergence des fintechs correspond à une tendance forte de l’économie. En effet, la transformation numérique observée se caractérise bien souvent par une immédiateté et une disponibilité extrêmement forte de l’information, rendues possibles par des dispositifs technologiques comme les smartphones, les tablettes ou, de façon plus générale, par le développement de l’Internet des objets (Nicoletti et al., 2017). Si cette numérisation intense influe fortement sur les services financiers, notamment parce que les produits financiers s’appuient essentiellement sur l’information et moins sur les produits physiques, la mise en place de ces fintechs touche l’ensemble de la chaîne de valeur. Les interactions physiques avec les personnes sont conséquemment de moins en moins nombreuses laissant interrogatif sur le rôle des personnels en contact de demain. Des études récentes permettent de noter un lien positif entre la mise en place d’une gestion des ressources humaines perçue comme étant responsable avec l’utilisation plus importante des fintechs et une meilleure satisfaction des employés au travail (Sanjaya et al., 2019). Ces moins nombreuses interactions sociales ont également des conséquences potentiellement nombreuses en marketing et comportement du consommateur (Clauzel et al., 2019). Une nouvelle forme d’interaction plus hybride apparaît entre les personnels et les clients, les entreprises multipliant les formes innovantes de libre-service (Nüesch et al., 2015). Les incidences des fintechs en marketing sont également nombreuses, couvrant un large éventail de techniques et de problématiques liées à la sécurité des données, aux prestations de services financiers ou encore aux nouvelles façons d’approcher le client.
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