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Sylvain A. Lefèvre : UQAM - Université du Québec à Montréal
Se décrivant comme une fabrique d’autonomie collective, le Bâtiment 7 (B7) est un site industriel réapproprié par et pour la collectivité à des fins de développement économique communautaire. Dans le jargon sociologique, il est ce qu’on appelle un commun. Dès le lancement de la première phase de réhabilitation et de mise en commun du bâtiment, le B7 était aux prises à une grande précarité financière. Il a ainsi été décidé par les militant·e·s de solliciter le milieu philanthropique. Quatre fondations ont non seulement répondu à l’appel, mais entrepris de collaborer entre elles dans l’optique d’offrir un soutien plus adapté à ce commun qu’est le B7.
Parallèlement, un projet de recherche a été mis en place pour documenter et accompagner cette démarche collaborative. Lors du colloque précédent, avaient été abordés les défis rencontrés suite aux premières actions entreprises par les fondations impliquées. Or, en réponse à ces défis, une formule 2.0 de collaboration a été réfléchie, laquelle a trouvé son expression dans « les chantiers d’apprentissage ». Dans le cadre de notre présentation, nous proposons de revenir sur trois aspects des chantiers d’apprentissage : (1) la logique sociale et politique qui a présidé à leur conception ; (2) leur déroulement ; (3) le bilan de ce qui a bien ou moins bien fonctionné.
Comme nous entrons une phase de reconstruction de la société après la COVID-19, notre regard est de plus en plus tourné vers l’avenir. Dans ce moment de changement majeur, nous ne pouvons ignorer le consensus qui se construit présentement devant l’urgence d’agir pour réduire l’empreinte négative de nos modèles civilisationnels de développement sur les écosystèmes naturels en général et le climat en particulier. Nous nous questionnerons, dans ce colloque, sur la capacité effective de la philanthropie et du monde universitaire accompagnant la production de connaissances dans ce secteur d’agir positivement eu égard à la montée des inégalités sociales, à la crise environnementale et aux diverses fractures identitaires (sexisme, racisme, colonialisme...), surtout dans le contexte de la COVID-19 et après.
Le moment est venu d’agir collectivement et de façon inclusive en vue de générer de grands changements et d’opérer un basculement axiologique. Tant les représentants et représentantes de l’univers philanthropique que les acteurs de la société civile progressiste sont confrontés à l’inévitabilité d’investir leurs capacités de penser et d’agir dans une transformation en profondeur des institutions en place. Sur ce plan, le monde scientifique doit être en mesure de répondre positivement et rapidement au besoin de redéfinir le rôle et la place des sciences et de l’université. Quelle part de responsabilités, scientifiques et universitaires, avons-nous face aux défis posés par le contexte post-COVID ? Pour explorer les déblocages à réaliser, nous proposons un colloque d’un jour qui permettra à des représentants de l’écosystème philanthropique et à des représentants du milieu universitaire d’explorer les manières de transformer nos façons de produire et de reproduire le vivre ensemble dans des sociétés inclusives, altières, solidaires et écologistes.
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