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Samuel Lopes Pinheiro : IFFAR
Notre communication présentera en les articulant quelques concepts-clés épistémologiques, des plus classiques aux plus novateurs, permettant de participer à la fondation d’épistémologies éducatives dans et par la nature, à la lumière notamment de la méthodologie transdisciplinaire. Dans une première partie, nous commencerons avec Thoreau qui nous a invité à rechercher la simplicité et l'essentiel de la vie. Nous rappellerons ensuite les apports du courant de auto-hétéro-eco-formation qui est lié à transformation du rapport à soi, aux autres et au monde, fondée sur la prise de conscience de nos interdépendances. Enfin, nous verrons comment l’éducation environnementale en anthropocène se confronte aux urgences écologiques. Dans une seconde partie, nous développerons des notions résolument novatrices, telles que l’aimance qui nomme une expérience d’amabilité inconditionnelle et sensible dans la nature. Également l’assumance qui installe et défend résolument la personne dans les principes de vie. Et enfin la débordance qui n’est pas sans rappeler la rhétorique d'expression globale de Dhötel, soit une verbalisation qui témoigne d’un épanouissement ou d’un accomplissement intérieur. Des retours d’expérience viendront illustrer certaines de ces notions, comme ceux obtenus avec les peuples autochtones, tel que partagée par Krenak au Brésil, ou comme ceux de recherches action participatives, tel « Cap au Nord » - Islande - ou "Expédition Team Wolf " - Queyras, France -.
On assiste depuis la pandémie à une résurgence de démarches pour faire une « école/classe dehors » aux appellations variables, qui mobilise une pédagogie répondant à un processus d’éducation par la nature. Le bien-être mental et physique que procure le fait d’être dans la nature, en plus de favoriser les apprentissages (Ayotte-Beaudet et al., 2022; Green et Rayner, 2022; Kuo et al., 2019; Mygind et al., 2019), en démontre la pertinence.
En filigrane des questionnements didactiques posés récemment, notamment dans le cadre du Colloque international Les pratiques d’éducation par « la nature » : quels enjeux pour la formation des professionnel·le·s?, qui s’est tenu en France en juillet 2022, se profilent d’impératives questions d’ordre épistémologique portant sur les paradigmes qui induisent de telles pratiques. Ainsi, il s’agit de s’interroger sur les épistémologies qui sous-tendent les éducations dans et par la nature ou, dit autrement, par le territoire. Plus largement, au-delà de toute structure en milieu formel ou non, quel rapport au(x) savoir(s) sous-tend les apprentissages dans et par la nature ou le territoire?
Certains font appel au principe de l’écoformation intégrant le paradigme transdisciplinaire de la complexité (Girault et Galvani, 2021), d’autres se reportent aux épistémologies autochtones (Battiste, 2002; Four Arrows et al. 2010; Hart, 2010; Wilson, 2013). On pourrait également citer l’écosophie de l’écologie profonde d’Arne Naess (2008) introduisant le principe de l’altérité élargi au monde vivant. Le principe de l’énaction proposé par Varela (Aden et Preller, 2020; Varela et al., 2017) ou encore l’écopédagogie de Gutiérrez Bastida et Gadotti (Gutiérrez Bastida, 2022), considérant l’être humain comme « la nature prenant conscience d’elle-même » (Pereira, 2019, partie I.3), sont d’autres axes possibles.
De telles conceptualisations du rapport au(x) savoir(s) qui se construit dans le rapport au monde (Charlot, 2021) permettront alors de clarifier le cadrage d’approches éducatives innovantes dans et par la nature, renforçant notre identité écologique (Vogels, 2007).
Titre du colloque :