Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Jean-Bruno Morissette : Université McGill
Depuis les dernières décennies, plusieurs discours et actions convergent en faveur de la valorisation des milieux naturels en soulignant leurs bénéfices pour la santé globale des populations humaines et non-humaines. Paysage, écologie et biodiversité forment désormais les outils conceptuels capables d’affronter la crise environnementale en contestant les infrastructures d’après-guerre et en réclamant les sites obsolètes, sousexploités ou non durables des métropoles post-industrielles. Les infrastructures naturelles et leurs concepts adjacents — forêts urbaines, infrastructures vertes et bleues, solutions basées sur la nature — se tournent ainsi les vecteurs de la transition vers des environnements bâtis plus soutenables, notamment autour d’un nouveau pacte entre l’Humain et la Nature. Hormis les débats entourant leur bien-fondé qui s’articulent autour d’enjeux de justice sociale et environnementale, l’aménagement des infrastructures naturelles s’appuie toutefois sur un héritage problématique : la dichotomie toujours vivante entre milieux naturels et milieux construits. Mais comment penser au-delà de cette frontière ? Les idées véhiculées ici restent soucieuses du rôle capital que joue la biodiversité pour la santé des milieux de vie. Elles offrent cependant quelques nuances en vue que la nature ne se tourne pas strictement un instrument servant la transition écologique, mais qu’elle participe également à améliorer la qualité et l’articulation des paysages métropolitains.
Les parcs urbains, figures socio paysagère en constante évolution, se voient élevés au rang d’infrastructures vertes essentielles de nos villes. Un important changement de paradigme s’opère dans la planification et la gestion des parcs urbains alors que leurs rôles ne se limitent plus à la récréation et la « bienséance » de l’espace vert, mais s’élargit à la conservation, l’inclusion, la réconciliation, l’expérimentation, l’adaptation et la lutte aux crises environnementales. Investir dans des espaces verts urbains plus durables et y créer des aménagements dans ce sens, c’est investir dans la lutte et dans l’adaptation face aux crises climatiques.
La session s’intéressera aux nouvelles pratiques et préoccupations, ainsi qu’au changement de paradigme auxquelles sont confrontés les parcs urbains pour affronter les crises environnementales conjointes, soit celle de biodiversité et des changements climatiques. De nouvelles tendances, préoccupations et priorités émergent : 1) la création de mosaïques d’habitats et de corridors écologiques dans les projets d’aménagement pour soutenir la biodiversité; 2) le calcul des services écosystémiques et des bénéfices économiques et de santé liés à la nature; 3) la diversité des milieux et des usages; 4) l’adoption de la gestion différenciée; 5) l’augmentation de la forêt à trois strates; 6) le retour et la conservation des espèces végétales indigènes; 7) le contrôle des espèces envahissantes; 8) l’interdisciplinarité pour la création de ces paysages complexes par exemple; et 9) la déminéralisation des surfaces minérales. Cette session s’intéressera donc à ces changements qui s’opèrent et à ces pratiques qui prennent de l’importance dans l’aménagement des parcs urbains. Le cadre mondial sur la biodiversité adopté à la COP15 à Montréal de même que l’approche Nature-Based Solutions seront au cœur des discussions qui prendront appui sur l’exemple du parc Jean-Drapeau, un territoire inscrit dans ce mouvement de redéfinition des espaces et des rôles des parcs urbains. La session présentera des pratiques et des recherches inspirantes pour nous guider dans ce changement de paradigme et de vision des parcs.
Titre du colloque :
Thème du colloque :