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Anne-Marie Emond : Université de Montréal
Il convient de se concentrer sur l’artiste, Rose-Aimée Bélanger qui, à la fin de la cinquantaine, entreprend une œuvre avec l’ambition de créer et de partager la vision du monde qu’elle porte en elle depuis son plus jeune âge. Rose-Aimée Bélanger raconte qu’elle pensait avoir un tempérament artistique avant même de commencer sa carrière de sculptrice. Elle soutient qu’il est difficile de définir un tel état, mais elle est certaine qu’il est formateur.
Ainsi, mon objectif principal dans cette présentation est de rendre manifestes ses intentions et son processus de création dans l’élaboration de son corpus sculptural. Afin de parvenir à une compréhension plus complexe de la manière dont l’identité et la production artistique de l’artiste se sont forgées au cours des quarante dernières années, j’aborde les défis d’une négociation permanente entre les exigences de la vie et l’urgence d’être artiste, lorsque sa carrière prend son envol à ses 70 ans.
L’analyse des sources premières me permet d’aller au-delà des objets d’art créés par la sculptrice et, comme le propose l’historien d’art Baxandall, d’étudier le contexte social et matériel de la production pour comprendre sa signification et sa valeur esthétique par l’acte créateur. Comprendre l’intensité créatrice de l’artiste, c’est reconnaître les résultats des recherches empiriques sur la créativité à un âge avancé. Ceux-ci indiquent qu’il est possible pour les individus créatifs de prévoir une activité continue jusqu’à la fin de leur vie.
Nous vivons dans un monde qui change. Ce changement est aujourd’hui sans précèdent, car il est rapide et s’accélère, touche tous les individus et leurs organisations – qu’elles soient sociales, culturelles ou économiques – et entraîne des ruptures par rapport à notre mode de vie antérieur. Ces ruptures sont les nouveaux enjeux de notre société selon le sociologue Hartmut Rosa. Cette période de changement est multi-systémique et complexe en raison de la diversité de ses composantes, de leurs interactions et de la limite des systèmes. Les conséquences sont doubles. Les premières sont négatives, car elles sont la source d’un mal-être aussi bien individuel – avec entre autres une désillusion ou une quête d’identité permanente – que sociétal du fait qu’il devient de plus en plus difficile de fixer un socle stable et solide de valeurs communes fédératrices. Cette situation conduit entre autres à des écarts sociaux et à une iniquité, tant culturels, éducationnels qu’économiques. Les secondes sont, à l’inverse, positives puisque cette période de changement est l’opportunité de revoir nos modes de fonctionnement, en repensant notre approche et notre rapport au monde.
De nouveaux modèles sont à inventer. De nouvelles perspectives à développer. Il nous faut retisser des liens, réencastrer les institutions, qui s'en sont peu à peu éloignées, à la société. Nous cherchons pour cela à observer les fondements, approches et pratiques de l'économie créative, dans l'objectif de contribuer à ce réencastrement et au mieux-être citoyen.
Dans cette optique, ce premier colloque vise à présenter les activités créatives dans les différents secteurs de l'économie créative (jeu vidéo, design, art, etc.) pour comprendre les dynamiques en place, tisser des liens entre domaines et entre disciplines, identifier les pratiques à même d'améliorer le mieux-être au Québec.
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