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Ghita Bennis : Université Paris-Et Créteil Val-de-Marne
À travers une étude de cas qualitative, nous nous sommes interrogées sur la manière dont s’établissent les relations entre fintech et banques traditionnelles. Nos données montrent que le contexte de digitalisation, avec l'émergence des fintech, met les banques au défi de se réinventer afin de répondre à des besoins clients en perpétuelle évolution. Elles se retrouvent ainsi dans l'obligation d'arbitrer entre l’exploitation de compétences maîtrisées (paiement, crédit…) et l’exploration de compétences nouvelles (automatisation des processus, conception d’applications mobiles…).
Pour parvenir à cet équilibre, certaines banques privilégient le développement d’innovations en interne par la mise en place de différents dispositifs incitatifs (labs d’innovation, intrapreneuriat). D'autres, par manque de temps ou de compétences, décident de s’appuyer sur l’expertise des fintech en matière d’innovation pour poursuivre leurs activités d’exploration. Par ce biais, elles parviennent à la fois à assurer un impératif d’alignement lié à leurs activités d'exploitation et un impératif d’adaptation aux exigences évolutives des clients et de l’environnement. Elles deviennent de ce fait ambidextres.
Nos résultats contribuent à une lecture des stratégies relationnelles entre banques et fintech à la lumière de la théorie de l'ambidextrie, particulièrement celle de réseau.
Avec le développement rapide des technologies financières dans les applications commerciales, des occasions de recherche passionnantes se présentent.
L’émergence des fintechs correspond à une tendance forte de l’économie. En effet, la transformation numérique observée se caractérise bien souvent par une immédiateté et une disponibilité extrêmement forte de l’information, rendues possibles par des dispositifs technologiques comme les smartphones, les tablettes ou, de façon plus générale, par le développement de l’Internet des objets (Nicoletti et al., 2017). Si cette numérisation intense influe fortement sur les services financiers, notamment parce que les produits financiers s’appuient essentiellement sur l’information et moins sur les produits physiques, la mise en place de ces fintechs touche l’ensemble de la chaîne de valeur. Les interactions physiques avec les personnes sont conséquemment de moins en moins nombreuses laissant interrogatif sur le rôle des personnels en contact de demain. Des études récentes permettent de noter un lien positif entre la mise en place d’une gestion des ressources humaines perçue comme étant responsable avec l’utilisation plus importante des fintechs et une meilleure satisfaction des employés au travail (Sanjaya et al., 2019). Ces moins nombreuses interactions sociales ont également des conséquences potentiellement nombreuses en marketing et comportement du consommateur (Clauzel et al., 2019). Une nouvelle forme d’interaction plus hybride apparaît entre les personnels et les clients, les entreprises multipliant les formes innovantes de libre-service (Nüesch et al., 2015). Les incidences des fintechs en marketing sont également nombreuses, couvrant un large éventail de techniques et de problématiques liées à la sécurité des données, aux prestations de services financiers ou encore aux nouvelles façons d’approcher le client.
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