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L’ethnographie pour comprendre le rapport à l’écriture de deux adolescents autistes

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Marie-Eve Boisvert : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le développement d’une éducation inclusive doit notamment s’appuyer sur une meilleure compréhension de l’expérience des élèves (Carrington et MaCarthur, 2012). Lorsque ces élèves ont des particularités sur le plan de la communication et de l’interaction, comme c’est le cas pour des élèves avec autisme (APA, 2013), la compréhension de leur expérience s’avère plus complexe et demande la mise en place d’un dispositif de recherche qui leur permet de s’exprimer et qui permet au chercheur de bien les comprendre (Tyrrell et Woods, 2018). L’ethnographie, qui permet d’apprendre des personnes en interaction avec elles (Spradley, 1979/2016), s’avère alors une approche intéressante puisqu’elle engage chercheur et participant dans une coconstruction de sens. L’objectif de cette communication est de décrire l’approche dans une recherche doctorale (Boisvert-Hamelin, 2020) portant sur le rapport à l’écriture de deux jeunes autistes de 14 ans ainsi que les différentes conditions qui ont contribuer à soutenir leurs discours. Nous aborderons de quelles manières l’approche ethnographique a donné l'occasion de coconstruire une compréhension du sens que prennent les pratiques d’écriture scolaire et extrascolaire pour les participants. Les méthodes ethnographiques de collecte de données, soit l’observation participante (Spradley, 1980, Wilcott, 2015) et les entretiens ethnographiques (Spradley, 1979, 2016), seront présentées ainsi que les enjeux qu’elles ont soulevés.

Résumé du colloque

Considérant le taux croissant de personnes en situation de handicap, plusieurs lois souhaitent réduire les écarts entre ces individus et ceux dits neurotypiques, notamment dans les milieux scolaires (ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur [MEES], 2020). Dans le cas des personnes autistes, la recherche souligne l’importance de leur participation sociale, alors que celle-ci confère des bienfaits sur leur qualité de vie, leur revenu, leur réseau social et leur bien-être global à court et à long terme (Couture et al., 2020). Or, plusieurs obstacles subsistent pour favoriser leur participation sociale dans le cadre de leur parcours scolaire et d’apprentissage. Que les personnes autistes soient enfants, adolescentes ou adultes, elles éprouvent généralement des difficultés en lien avec les changements et les transitions scolaires, influençant leur rendement scolaire, leur intégration sociale, leur santé mentale et leur bien-être en général (Anderson et al., 2017; Shattuck et al., 2012). Le rôle du personnel dans les milieux scolaires et communautaires devient alors crucial pour tenter de les appuyer, notamment sur le plan scolaire. Les services adaptés offerts incluent : temps supplémentaire durant les examens, soutien pour la prise de notes, passation des évaluations dans un local sans distraction, utilisation de technologies adaptées (Cai et Richdale, 2016). Toutefois, la communauté étudiante autiste revendique également des ressources pour soutenir ses besoins sensoriels et sociaux : réduction du bruit, tenue d’ateliers sur les étiquettes sociales et sensibilisation à la neurodivergence sur les campus postsecondaires (Alverson et al., 2019; Elias et White, 2018). Pour plusieurs équipes de recherche, dont Sosnowy et al. (2018), ces revendications peuvent être entendues avec une communication plus fluide entre la recherche, la pratique et la communauté étudiante autiste, permettant la coconstruction de savoirs scientifiques appuyés sur son expérience.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

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