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Ana Luiza Smolka : Universidade Estadual de Campinas
Dans la perspective historico-culturelle du développement humain, des concepts tels que la perejivania, les émotions et la subjectivité sont discutés, en s'efforçant de progresser dans l'héritage de Vygotsky. Dans cette perspective, nous voulons introduire - ou reprendre - le statut du discours, dans sa forme verbale pour signifier l'expérience personnelle et collective et sa contribution à la constitution historique et culturelle de la psyché humaine. Si, comme le souligne Vygotsky, l'expérience est l'unité dynamique qui constitue la base de la conscience, et si la conscience est l'expérience des expériences vécues, la conscience n'existe que dans/par le signe, le matériau sémiotique. L'objectif de cette communication est de discuter les résultats d'une recherche en cours visant à a) comprendre comment les personnes - les enseignantes en exercice et en interaction - signifient l'expérience vécue dans les conditions de travail et de vie actuelles; et b) à explorer théoriquement et conceptuellement une méthode dialectique d'inspiration vygotskienne, problématisant la dimension sémantique/somatique dans l'énonciation. C'est à travers le prisme de la narration et du discours, de l'expérience vécue et racontée, que nous procédons à l'analyse de l'activité d'enseignement.
Ce colloque a pour but de problématiser la question de la fonction des émotions dans les situations de recherche-intervention à visées transformatives (RIT). Il s’inscrit dans les débats actuels animant la recherche dans le champ de la psychologie historique du développement culturel fondée par Vygotskij (voir Dionne et Jornet, 2022 ou Fleer, Gonzales Rey et Veresov, 2017) autour de celle-ci. Bien que cette question traverse l’ensemble de ses travaux, force est de reconnaître que Vygotskij (1998) ne propose que les prolégomènes d’une théorie des émotions (Holodynski, 2013). Ainsi, celle-ci reste un chantier ouvert (Clot, 2019) auquel ce colloque cherche à contribuer. De manière plus précise, l’accent sera mis sur le processus de transformation des émotions en situation de RIT ainsi que sur les conditions à réunir dans de telles situations pour engager les personnes dans un redoublement de l’expérience en mesure de soutenir le développement de la puissance d’agir. Il s’agit non seulement d’analyser les transformations dans la résonance émotive de l’expérience vécue de l’activité, mais aussi de s’interroger sur la fonction dynamogène des émotions dans le développement de la vie intérieure et des capacités à transformer le monde comme y invite Vygotskij (1998). Il s’agit aussi de problématiser la question de la liberté dans les situations de RIT au regard de l’influence exercée par L’Éthique de Spinoza dans la réorganisation de la pensée de Vygotskij au crépuscule de sa vie (Zavershneva, 2010; Séverac, 2022). Celle-ci constitue peut-être pour Vygotskij une orientation normative pour toutes les RIT (Saussez et Dupuis-Laflamme, 2022). Une telle orientation repose alors sur l’idéal de la préservation par la personne de sa propre capacité et de celle des autres à être touchés et à transformer ses affections en actions libres. Elle invite à prendre au sérieux les rapports entre pensée, action et émotion dans l’étude du développement de la puissance d’agir en situation de RIT.
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