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Cristina Bellu : Université de Genève
La première compétence fondatrice (C1) des enseignant.es québécois.es porte sur la médiation culturelle (Québec, 2020) dans une perspective d’intégration sociale. Ancrée dans la problématique de l’enseignement de l’interprétation à des stades précoces de l’apprentissage, cette contribution vise à montrer comment le vis-à-vis avec des œuvres musicales contribue à atteindre la C1 grâce à l’activité instrumentale et permettre le respect et la compréhension de soi et de l’Autre.
Deux couples professeur-élève, ce dernier enfant âgé entre 6 et 9 ans, abordent trois œuvres musicales identiques au long de la première année de violoncelle, lors de cours individuels en école de musique. Encadrée dans un contexte historico-culturel (Vygotsky, 1925/2006, 1934/1997, 1935/2018), l’approche perceptive phénoménologique (Barbaras, 2009) est discutée par rapport à la tripartition de l’œuvre musicale (Nattiez, 1987). L’analyse didactique (Brousseau, 1998 ; Chevallard, 1991) des « moments remarquables » (Mili et al., 2017) des leçons est conduite selon une approche clinique (Leutenegger, 2009) et prend en compte les émotions que l’œuvre suscite dans la construction de différentes corporéités (Mili et al., 2013).
Les résultats montrent que la co-construction de l’interprétation de l’œuvre à un stade précoce de l’apprentissage permet à l’élève de bâtir les bases de l’émotion esthétique par l’identification de codes sonores, culturellement partagés mais individuellement porteurs de sens.
Ce colloque porte un regard sur l’art comme vecteur de transformation sociale. Alors que l’art revendique un rôle d’acteur public pleinement impliqué dans les débats sociaux (Ardenne, 2019; Cauquelin, 2018; Heinich, 2014; Fourmentraux 2012; Lamoureux et Uhl, 2018; Zask, 2014), il devient un moyen de connaissance et d’action abordant diverses questions socialement vives (Ardenne, 2009; Lamoureux, 2005; Ramade, 2015; Trudel et Fortin, 2022) qui suscitent des controverses, attisent des émotions, mettent en concurrence des représentations et des intérêts divergents, interrogent les systèmes de valeurs (Audigier, 2007; Legardez et Simonneaux, 2006). Les éditions précédentes de ce colloque avaient précisé de quelle manière ce nouveau paradigme artistique fournit un terreau fertile pour l’éducation (Kerlan et Langar, 2015; O’Farrell et Kukkonen, 2017), favorisant l’enrichissement d’une panoplie d’« éducations » à la citoyenneté, à l’antiracisme, à l’inclusion, à la démocratie, à l’environnement, etc.
Alors que les universités québécoises s’engagent dans une refonte majeure des programmes de formation à l’enseignement au regard d’un nouveau référentiel de compétences professionnelles (Québec, 2020), l’édition de 2023 de ce colloque a pour but de considérer des recherches émergentes pouvant inspirer la mise en œuvre, dans l’éducation scolaire, d’axes de formation transversaux ancrés dans les réalités sociales contemporaines, plus spécifiquement, comment les arts et la littérature peuvent-ils favoriser la prise de conscience, l’acquisition de connaissances, l’adoption de valeurs et de comportements susceptibles de répondre aux enjeux sociétaux complexes du XXIe siècle.
Considérant le contexte actuel de renouveau des programmes de formation universitaire, nous nous intéresserons aux recherches pouvant avoir des retombées significatives sur la formation initiale des enseignantes et enseignants des domaines des arts et des langues du Programme de formation de l’école québécoise.
Titre du colloque :