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Caroline Leblanc : Université de Sherbrooke
L’intersectionnalité est au cœur de plusieurs travaux de recherche et démontre l’importance que ce regard peut avoir sur les enjeux liés à l’itinérance. Ancrée dans un courant de pensée critique et anti-oppressive (Burrel and Morgan. 1979), il était important dans cette recherche de mieux comprendre l’influence des structures sur le non-recours aux refuges, mais aussi de tenir compte des différents rapports de pouvoir qui façonnent les inégalités auxquelles les personnes qui habitent la rue sont confrontées. Par conséquent, afin d’avoir un angle d’analyse pouvant avoir des retombées significatives pour améliorer leurs conditions de vie et de santé, l’intersectionnalité est devenue un levier pertinent pour soulever les systèmes de dominance liés par exemple à la race, le genre, la sexualité, l’ethnicité, l’âge, et ce, afin de développer une meilleure compréhension permettant d’atteindre mieux l’équité (Collins et Bilge.2016). Toutefois, l’applicabilité d’un tel concept peut être difficile à concevoir dans un processus de recherche. Son utilisation peut être caractérisée par de multiples interprétations qui rendent cela imprécis (Harper et Kurtzman. 2014). Par conséquent, cette présentation abordera le choix et l’applicabilité de l’intersectionnalité comme cadre d’analyse dans cette recherche et soulèvera certains résultats qui découlent des injustices et des inégalités sociales enracinées dans la vie des personnes qui habitent la rue et qui n’ont pas recours aux refuges
L’itinérance est un phénomène complexe marqué par l’intersection de facteurs structurels, institutionnels et interpersonnels. Les personnes racisées, immigrantes, autochtones, en situation de handicap et LGBTQ+ révèlent différents visages de l’itinérance et des expériences multiples d’oppression et de discrimination. Pour répondre de manière sensible et anti-oppressives aux enjeux vécus par des groupes à la croisée des oppressions, il importe de repenser les méthodes de recherche et d’intervention en matière d’itinérance. Issue des travaux de féministes noires, l’intersectionnalité fait partie d’une perspective intégrative qui postule que les formes d’oppression ne peuvent être considérées indépendamment ou simplement comme additives (Collins et Bilge, 2016). Cette théorie permet d’appréhender les phénomènes de marginalisation tels que l’itinérance comme étant imbriqués dans des systèmes d’oppression (comme le racisme, le colonialisme, le capacitisme, le cishétérosexisme), des facteurs structurels (comme la précarité économique et le manque de logements abordables) et des facteurs institutionnels (comme les politiques institutionnelles discriminatoires). Si l’intersectionnalité est de plus en plus présente dans les réflexions théoriques et pratiques en sciences humaines et sociales, jusqu’à constituer un buzzword (Davis, 2008), elle demeure encore une perspective « imprécise et ambiguë » (Harper et Kurtzman, 2014). Le but de ce colloque est donc d’offrir un point de rencontre pour croiser les savoirs sur l’intersectionnalité afin de discuter de l’intersection des rapports d’oppression et de discrimination qui caractérisent l’itinérance. Nous rassemblerons des contributions en trois axes de réflexion : 1) les réalités de l’itinérance au prisme de l’intersectionnalité; 2) les usages de l’intersectionnalité dans la recherche sur l’itinérance; et 3) les usages de l’intersectionnalité dans les pratiques d’intervention en itinérance.
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