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Claire Djuikui Dountsop : Université de Montréal
Introduction : Des études longitudinales faites sur le français montréalais (p.ex : Sankoff et Blondeau, 2007) ont montré que les individus ne participent pas toujours aux changements en cours dans la communauté. Le il impersonnel employé avec falloir, dont l’omission est en régression à Montréal, n’a pas encore fait l’objet d’une telle étude.
Objectif : Notre objectif est de combler ce vide en proposant une étude axée sur le suivi des individus enregistrés en 1971 (Sankoff et al. 1976), en 1984 (Thibault & Vincent 1990) et en 1995 (Vincent & Laforest & Martel 1995).
Méthodologie : Nous suivons deux cohortes d’individus : 60 enregistrés en 1971 et en 1984, avec un total de 2382 occurrences et 12 enregistrés en 1971, en 1984 et en 1995, avec un total de 1338 occurrences. Chaque occurrence a été codifiée pour la présence/absence de il et pour des facteurs sociaux (âge, sexe et classe socioéconomique).
Résultats : L’analyse nous montre que chaque cohorte, indépendamment de l’âge et du sexe, suit la tendance communautaire. Cependant, le suivi individuel montre que tous les individus ne participent pas au changement au même moment. Certains locuteurs s’opposent à leurs pairs en adoptant le changement mené par le sexe opposé.
Conclusion : Tout comme dans les études antérieures, nous montrons que la tendance observée chez les individus peut être différente de celle de la cohorte ou de la communauté. Ces derniers modulent leurs choix linguistiques selon leur trajectoire sociale.
L’objectif de ce colloque est de rassembler les chercheur·se·s s’intéressant au français montréalais, à ses variétés et à son évolution. Notre colloque met l’accent sur la spécificité et la pluralité des variétés de français parlées à Montréal. Une meilleure compréhension de cette richesse culturelle permettra de mieux comprendre les multiples facettes des pratiques langagières montréalaises ainsi que le développement des espaces identitaires.
Alors que le français parlé traditionnel est très bien documenté (voir les bibliographies dans Thibault et Vincent, 1990; Daveluy, 1994; Blondeau, 2014), il existe très peu de données sur les pratiques langagières des francophones issu·e·s des communautés culturelles et sur l’impact de ces pratiques sur le français montréalais. Pourtant, les pratiques langagières des Montréalais ont évolué et la sociolinguistique montréalaise aborde de plus en plus les problématiques liées au plurilinguisme des locuteur·trice·s (Blondeau, 2014, 2020; Blondeau et Friesner, 2011, 2014; Blondeau et Tremblay, 2016; Lamarre, 2013), un thème de recherche aussi d’actualité dans d’autres grandes métropoles multiculturelles comme Toronto (Denis, 2020, 2022; Hoffman et Walker, 2010; Nagy et al., 2013), Paris (Fagyal, 2010, soumis; Cheshire et Gadet, 2011) et Londres (Cheshire, 2020; Cheshire et al., 2011; Cheshire et Gadet, 2011; Sharma, 2011). De plus, peu d’études se sont intéressées à l’acquisition des traits du dialecte local par des francophones originaires d’autres pays de la francophonie et à l’impact des changements sociétaux sur la langue, particulièrement en ce qui a trait à la question des identités de genre.
Conférences
Hélène Blondeau, University of Florida
Isabelle Leblanc, Université de Moncton
Wim Remysen, Université de Sherbrooke
Anne-José Villeneuve, University of Alberta, campus Saint-Jean
Titre du colloque :