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Anne-Marie Veillette : University of Pennsylvania
Cette présentation explore la définition de la résistance donnée par une femme résidente de favela à Rio de Janeiro (Brésil) - Lucia – pour en démontrer le potentiel épistémologique en études urbaines. Plus spécifiquement, je cherche, dans un premier temps, à (ré)affirmer que les femmes des favelas produisent des savoirs sur la ville. Dans un second temps, je souhaite mettre en évidence que les femmes des favelas peuvent être et sont d’importantes protagonistes d’urbanisation. Cela est fondamental dans le contexte carioca, où les favelas continuent d’être largement associées à la violence et à la marginalité, et les femmes de favelas, à des images contrôlantes comme celles de « victimes » ou de « mères de bandits ». Je soutiens que la définition de la résistance proposée par Lucia offre un cadre épistémologique pour étudier l'urbanisation, notamment parce qu'elle déplace la question de « qu’est-ce que l'urbanisation » à « d’où vient-elle? ». En m'appuyant sur les théories féministes, afro-diasporiques et décoloniales, je soutiens que : (1) la favela produit de l’urbanisation (au lieu que la favela soit toujours perçue comme façonnée par des forces extérieures) ; (2) que l'urbanisation émerge subjectivement de savoirs situées, translocalisées et corporels ; et que (3) que les corps des femmes des favelas constituent, dans de nombreux cas, la base même d’un futur « Autre » pour la ville, c’est-à-dire un futur améfricain
Le genre est bien reconnu comme un marqueur de diversité qui détermine l’accès des personnes aux ressources urbaines. Que ce soit dans le vaste domaine de la mobilité ou à l’égard de dimensions plus spécifiques comme l’accès au logement, aux équipements collectifs ou tout simplement aux espaces publics, il est indispensable de comprendre la manière dont le genre affecte la situation des personnes afin de développer des projets, des programmes et des politiques plus justes et efficaces.
Que nous apprennent la recherche récente et les actions posées au sein des milieux de pratique sur la place du genre dans le développement de collectivités plus inclusives et durables ?
Le colloque « Ville et genre : défis d’inclusion et perspectives de recherche » se veut une occasion de susciter le dialogue à la fois interdisciplinaire et intersectoriel dans le but de mieux comprendre l’état des actions et des études en cours ou récentes qui s’inscrivent à l’intersection des préoccupations d’inclusion et de transition vers des collectivités plus durables. Ce colloque constitue une occasion pour mettre en commun des travaux de recherche menés dans diverses disciplines au sujet des pratiques spatiales des femmes et, plus largement, du rôle du genre dans les processus d’exclusion et d’inclusion.
Cet événement réunira des personnes issues des milieux universitaires et de la pratique pour partager des idées sur leurs travaux les plus récents et sur les occasions que ces travaux permettent de déceler en recherche et en intervention, notamment dans la sphère municipale. Le colloque sera organisé autour de 12 communications, regroupées en trois sessions thématiques (mobilité, logement et espaces publics, justice urbaine) ainsi qu’un panel de discussion.
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