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Makilam et la pensée traditionnelle des femmes kabyle à travers leurs rituels et pratiques magiques

MB

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Monia Bousnina : Université Ferhat-Abbas Sétif 1

Résumé de la communication

Cette contribution veut réagir à la problématique de l’invisibilisation de la femme dans le champ des études rituelles. Dans ce but, on se concentrera sur Makilam, une auteure berbère et kabyle, universitaire d’origine algérienne, impliquée dans la recherche sur les femmes et leurs rites. Elle œuvre pour affirmer l’identité culturelle de la femme kabyle et pour pérenniser la pensée traditionnelle féminine. Elle décrit l’histoire sociale de la société kabyle et approfondit la condition féminine. Le postulat de l’infériorité des femmes étant d’emblée éliminé, elle se focalise sur la présence d’une dimension magique dans la vie quotidienne en lien avec une tradition entourée de pratiques et de rites symbolisant une relation d’unité magique entre l’humain et la nature. Il s’agit d’une réflexion sur le sens de l’organisation sociale et d’une étude de la femme kabyle à travers ses croyances, rituels et pratiques magiques, lesquels ne se transmettent que par les femmes dans le contexte de leurs productions manuelles (fabrication de poteries, décors des maisons, magie accompagnant leurs travaux en forme de rituels et d’autres actions…). Makilam dépeint l’univers naturel et magique de la femme kabyle. Elle illustre les multiples valeurs et applications des pouvoirs féminins dans les domaines traditionnels tant religieux, dans l’ordre des croyances et des rites, que culturel, dans des productions reflétant le rapport fondamental des femmes à la terre.

Résumé du colloque

Le champ des études rituelles témoigne d’un phénomène d’invisibilisation de la femme. On reconnaît volontiers les contributions décisives d’auteurs tels que Marcel Mauss, Victor Turner, Gregory Bateson, oubliant les femmes ayant œuvré avec eux. Mauss a initié avec succès des femmes au monde de la recherche anthropologique, dont Germaine Dieterlein et Denise Paume. Edith Turner a, pour sa part, accompagné son mari, Victor Turner, dans le cadre de son enquête de terrain auprès des Ndenbus en Afrique, y retournant après son décès pour reprendre la recherche. Mary Catherine Bateson, anthropologue comme son père, risque d’être connue plus par les fameux « métalogues » avec son père que par ses propres contributions, dont notamment son regard sur la vie des femmes. Ce phénomène réclame une prise de conscience critique et une mise en valeur du rôle et des contributions des femmes pour l’émergence, la constitution et le développement des études rituelles. À titre d’exemple, aux noms de Mary Douglas et de Catherine Bell, nous souhaitons ajouter les noms d’autres femmes pionnières oubliées ayant contribué à façonner les études rituelles avec de recherches originales. Avec Susanne Langer et Judith Butler, il est possible de mettre en valeur les apports interdisciplinaires des femmes. Avec Hélène Lubienska de Lenval et Marjorie Procter-Smith, le potentiel critique du regard féminin sur les rites religieux peut être revisité. Avec Marina Abramović, enfin, l’audace de l’invention rituelle et performative peut gagner un nouvel élan. Le point focal de notre colloque est la mise en valeur de l’originalité et de l’audace des contributions féminines aux études rituelles.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

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