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Noé Carri`ere : Polyvalente le Carrefour, Centre de services scolaire des Draveurs
En alliant théorie crip, études critiques du handicap et études critiques de l’autisme, j’examinerai les notions permettant de conceptualiser l’autisme. Je m’intéresserai particulièrement aux concepts de neuroqueerness et de neuronormativité (de l’anglais neuronormativity). La signification et l’origine des deux concepts ont été peu, voire pas explorées dans la littérature académique (ou même militante) francophone. J’adresserai donc ces questions : que signifient ces concepts, d’où proviennent-ils et quels sont leurs apports aux sphères académiques et militantes? Comme je le démontrerai, ces notions découlent des approches queer et crip et visent à déconstruire la contrainte à la normativité neurologique. Elles sont essentielles afin de poser un regard critique sur le cadrage normatif de l’autisme en apportant une plus grande justice épistémique (Catala, Faucher et Poirier 2021, 9015); en offrant des possibilités de désidentification (Egner 2019); en permettant la création d’une (contre)rhétorique (ré)humanisante (Yergeau 2018); et en offrant des possibilités de transgression aux normes établies (Antillón 2016). Elles sont aussi importantes de par leurs possibilités intersectionnelles (Oswald, Avory et Fine 2022) et leurs apports aux champs des études queer, crip et aux études critiques du handicap. Cette présentation vise de plus à introduire un tableau comparatif des modèles de conceptualisation de l’autisme.
Depuis les dernières décennies, des travaux mettent de l’avant une perspective critique des études du handicap. Ce champ interdisciplinaire donne également lieu à des critiques « de l’intérieur ». Des autrices et des auteurs, travaillant dans de nouveaux courants connexes, sont par ailleurs soucieux de développer leurs travaux « en dehors » des Critical Disability Studies. Des approches culturelles ou celle de l’affirmation identitaire comme acte politique émergent (ex. : études critiques de l’autisme, études [critiques] de la surdité, études de la folie). Avec l’essor de la société civile, les études critiques du handicap, de l’autisme, de la surdité et de la folie offrent des angles d’approche inédits non seulement pour appréhender la citoyenneté, la reconnaissance et les inégalités sociales, mais aussi pour questionner l’ancrage capacitiste des normes et des attentes sociales.
Parallèlement, au cours des dernières années, les savoirs expérientiels se sont imposés comme une nouvelle donne contemporaine, qu’il s’agisse d’intégration au développement de programmes de formation en intervention ou d’offre de services dans le réseau de la santé et des services sociaux. La reconnaissance de l’importance d’inclure les personnes dans les initiatives qui les concernent est croissante, et diverses structures se mettent en place pour le permettre (ex. : approche « patient-partenaire » qui tend s’étendre aux interventions dans les champs de la réadaptation; enseignement en partenariat avec des « patient·e·s » dans des programmes de formation en santé et services sociaux; « clientèle » des programmes de services; essor de l’intérêt pour les recherches participatives).
Mais qu’en est-il vraiment ? Ces nouvelles pratiques contribuent-elles réellement à l’amélioration des conditions de vie des personnes comme le préconise la recherche participative à caractère émancipatoire ? Comment freiner l’instrumentalisation des personnes par ces milieux et l’appropriation de leurs savoirs expérientiels et militants ?
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