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Passer de l’anglais au français lors de récits conversationnels dans la classe d’anglais langue seconde, une démonstration de compétences interactionnelles?

JB

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Julie Bouchard : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi

Résumé de la communication

Le code-switching est présent dans les classes de langues secondes et peut être utilisé par les apprenants pour atteindre différents buts interactionnels (Filipi & Markee 2018). En effet, le code-switching a pour effet de séparer les paroles produites avant et après son introduction (Auer 1984). Dans cette étude, des élèves francophones de secondaire 3 d’une classe d’anglais enrichi démontrent leur capacité à utiliser le code-switching pour distinguer deux phases du récit conversationnel: la phase préparatoire et le récit lui-même. De façon séquentielle, les élèves sont tout d’abord occupés à la tâche en anglais; par la suit, ils divergent vers des actions qui n’y sont pas reliées, soit parce que la tâche a été accomplie ou parce que la conversation s’est déplacée dans une autre direction. Ce changement d’action peut se produire de façon directe lorsque la tâche est réalisée, ou progressive sans délimitations précises (Sacks 1995) lorsque la discussion s’éloigne de la tâche et les élèves arrêtent de travailler sur celle-ci. La langue utilisée dans la conversation reste la même dans la phase préparatoire au récit et ne change que pour le récit lui-même qui est narré en français. Cette séquence est présente dans les conversations de plusieurs groupes d’élèves et démontre leur maîtrise de la construction du récit conversationnel et leur capacité à l’utiliser dans leur langue maternelle et dans leur langue seconde.

Résumé du colloque

Le bilinguisme est un atout important dans plusieurs milieux contemporains. Un grand nombre de travaux sur l’acquisition des langues secondes ont eu pour but de déterminer quelles variables pourraient favoriser le développement des compétences linguistiques des apprenants. Ces travaux ont permis de démontrer l’importance de facteurs tels que l’âge de l’apprenant ou le contexte d’apprentissage. De plus, au cours des dernières années nous avons assisté au développement rapide d’un nouvel axe de recherche sur le bilinguisme portant sur l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues secondes ou étrangères. Des chercheurs provenant de plusieurs disciplines, notamment la psychologie, la sociologie et la science politique, s’intéressent à des questions comme : est-ce que le quartier dans lequel une personne habite a une incidence sur ses compétences langagières et sa facilité à apprendre une nouvelle langue ? Comment est-ce que l’environnement influe sur les compétences langagières aux diverses étapes de la vie (petite enfance, enfance, âge adulte, personnes âgées) ? En plus de cet axe social, nous avons continué à témoigner d’une évolution rapide des connaissances en matière des éléments linguistiques, cognitifs et neurophysiologiques associés au bilinguisme et au multilinguisme. Ce colloque réunira des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche sur les incidences individuelles et socioculturelles du bilinguisme et favorisera la conception de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

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