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Marin Laborie : Nantes Université
La pandémie, à travers un recours au distanciel forcé, a mis en exergue les pratiques étudiantes mobiles préexistantes à la crise et les problématiques que les étudiants ont rencontrées dans cette forme d’apprentissage, comme celles qu’ils rencontrent quotidiennement encore dans leurs cursus universitaires à Mayotte. L’influence que ce vécu a sur leurs perceptions du distanciel, sur les dispositifs hybrides de formation (Peltier, 2021) et sur la continuité pédagogique est conséquente. Cette communication questionne la genèse d’un distanciel et de dispositifs de formations hybrides effectifs et adaptés au territoire, au plus proche des pratiques étudiantes. Ce programme, porté par le projet X-MEM, a pour objectif une transformation numérique globale du Centre Universitaire de Mayotte (CUFR). Pour cela une méthode qualitative a été employée, avec des données issues de focus groups réalisés avec des étudiants de master 1 et 2 en formation d’enseignants (MEEF), des observations ethnographiques ainsi que des entretiens individuels ouverts au sein du CUFR.
Partout ou presque dans les recherches et les pratiques en éducation, l’idée de crise s’impose, plus encore depuis la pandémie de Covid-19. Cela comme si la spécificité de cette période pouvait occulter la lancinance et l’universalité d’autres crises. Des inégalités scolaires et sociales s'étaient creusées et aggravées avant celle-ci, mais elle a particulièrement obligé à un autre « grand bricolage » (De Saint-Martin & Gheorghiu, 2010); jusqu’à instituer la discontinuité pédagogique comme un nouveau paradigme. Il nous apparaît pourtant souhaitable et salutaire de dé-covidiser nos recherches et pratiques en éducation. Cela tant la crise pandémique subsumerait une crise (plus profonde) en éducation et dans la société, tant des pratiques éducatives s’enrégimenteraient dans ce paradigme, tant nombre de personnels et professionnel.le.s de l’intervention et de la recherche ne jureraient que par cette discontinuité, plutôt que de chercher à se déprendre à et à rompre avec cette nouvelle théorie de la rupture (dans un sillage foucaldien). Cela soulève plusieurs questions et des enjeux de recherche. Dans ce contexte de questionnement théorique et pratique, nous proposons d’étudier les effets dans les écoles et leur structure d'une certaine covidisation des recherches et des pratiques en éducation, en opérant un travail critique de déconstruction de représentations et catégories produites dans et par les sociétés et les écoles de la performance. Au-delà de l'influence de représentations stéréotypiques qui génèrent un discours polarisé sur la réussite et l'échec scolaires, nous souhaitons montrer la diversité des contrastes et des effets pédagogiques, scolaires et psychiques, sociaux et politiques, ainsi que les impacts négatifs et positifs de la pandémie dans les milieux de pratique et de recherche en éducation, sans oublier les milieux associés. Il nous semble que tant le développement d’ingénieries coopératives et de co-enseignements en éducation, que le partage redistribuant le leadership dans les écoles et la réélaboration de politiques scolaires incluant les élèves-acteurs du système scolaire, sont des pratiques souhaitables, dans un contexte de résilience numérique augmentée par la période que nous traversons et selon une perspective d'éducation inclusive et de réponse responsable à cette hausse.
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