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Point de vue d’étudiants universitaires sur leur expérience d’éducation en nature : quels vecteurs à l’apprentissage et quelles pistes pour une éducation plus ancrée au territoire?

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Geneviève Bergeron : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Dans la perspective de contribuer à l’amélioration d’un monde en profonde mutation, l’université est appelée à se renouveler et à innover. Sur le plan pédagogique, un vaste chantier demeure, car l’enseignement universitaire est depuis longtemps marqué par le modèle transmissif (Guillemette, 2020) où le professeur « qui détient le savoir » transmet à celui qui ne sait pas. Dans le cadre d’une recherche exploratoire, nous avons réuni six professeurs universitaires de différentes disciplines (études en culture, loisir et tourisme, psychoéducation, ergothérapie, sciences de l’éducation et sciences de l’activité physique) motivés à l’idée d’expérimenter de nouvelles avenues pédagogiques, voire une autre position par rapport à l’étudiant et aux savoirs. Tous ont expérimenté des situations d’apprentissage dans les boisés de l’UQTR, cherchant à faire de la nature la grande alliée de l’aventure de la connaissance. Parmi l’ensemble des étudiants ayant vécu ces situations, 107 ont répondu à un questionnaire en ligne à la suite de leur expérience. Des questions à court développement nous ont permis d’identifier les vecteurs de leurs processus d’apprentissage. Ces résultats que nous exposerons nous permettront d’établir des liens avec différents paradigmes qui peuvent étayer les éducations par la nature et de soumettre certaines réflexions critiques à propos d’une éducation universitaire où la construction des savoirs prendrait racine à même la relation à la nature et au territoire.

Résumé du colloque

On assiste depuis la pandémie à une résurgence de démarches pour faire une « école/classe dehors » aux appellations variables, qui mobilise une pédagogie répondant à un processus d’éducation par la nature. Le bien-être mental et physique que procure le fait d’être dans la nature, en plus de favoriser les apprentissages (Ayotte-Beaudet et al., 2022; Green et Rayner, 2022; Kuo et al., 2019; Mygind et al., 2019), en démontre la pertinence.

En filigrane des questionnements didactiques posés récemment, notamment dans le cadre du Colloque international Les pratiques d’éducation par « la nature » : quels enjeux pour la formation des professionnel·le·s?, qui s’est tenu en France en juillet 2022, se profilent d’impératives questions d’ordre épistémologique portant sur les paradigmes qui induisent de telles pratiques. Ainsi, il s’agit de s’interroger sur les épistémologies qui sous-tendent les éducations dans et par la nature ou, dit autrement, par le territoire. Plus largement, au-delà de toute structure en milieu formel ou non, quel rapport au(x) savoir(s) sous-tend les apprentissages dans et par la nature ou le territoire?

Certains font appel au principe de l’écoformation intégrant le paradigme transdisciplinaire de la complexité (Girault et Galvani, 2021), d’autres se reportent aux épistémologies autochtones (Battiste, 2002; Four Arrows et al. 2010; Hart, 2010; Wilson, 2013). On pourrait également citer l’écosophie de l’écologie profonde d’Arne Naess (2008) introduisant le principe de l’altérité élargi au monde vivant. Le principe de l’énaction proposé par Varela (Aden et Preller, 2020; Varela et al., 2017) ou encore l’écopédagogie de Gutiérrez Bastida et Gadotti (Gutiérrez Bastida, 2022), considérant l’être humain comme « la nature prenant conscience d’elle-même » (Pereira, 2019, partie I.3), sont d’autres axes possibles.

De telles conceptualisations du rapport au(x) savoir(s) qui se construit dans le rapport au monde (Charlot, 2021) permettront alors de clarifier le cadrage d’approches éducatives innovantes dans et par la nature, renforçant notre identité écologique (Vogels, 2007).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Virginie Boelen
section icon Date : 11 mai 2023

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