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Julie Ruel : UQO - Université du Québec en Outaouais
Plus de la moitié de la population adulte québécoise possède des compétences insuffisantes en littératie pour participer activement à notre monde axé sur le savoir (OCDE, 2013). Pour leur part, les compétences requises pour comprendre l’information en santé sont plus élevées encore que pour l’information générale. En effet, la littératie en santé intègre plusieurs dimensions telles qu’accéder à l’information en santé, la comprendre et la traiter, faire montre d’une pensée critique, prendre des décisions éclairées, pouvoir et savoir communiquer, comprendre des notions mathématiques comme des facteurs de risque, etc. Au-delà du soin, les compétences en littératie en santé sont désormais comprises comme des ressources requises dans un contexte de prévention, de dépistage, d’adoption de saines habitudes de vie, ou encore pour s’orienter dans le système de santé (Ruel et al., 2018). Les organisations et les services ont la responsabilité de tenir compte du niveau de littératie en santé de leur population afin de ne pas contribuer à la discrimination organisationnelle (Henrard et al., 2018).
La présentation illustrera, par quelques exemples, ce qu’une organisation peut faire pour devenir une organisation pro-littératie, qui considère la diversité de la population qu’elle dessert au regard de leurs compétences variées en littératie. Pour ce faire, des interventions organisationnelles systématiques et intégrées sont préférées à des interventions fragmentées (Brach, 2017).
La pandémie de COVID-19 a mis en évidence la surcharge et la complexité des informations sur la santé, également appelées « infodémie ». Cette expérience est partagée par tout le monde, des scientifiques au public, qui se sont retrouvés submergés par des termes et des données scientifiques plus nombreux que jamais et provenant de différentes sources. De plus, cette crise sanitaire a mis en lumière le rôle important que nous jouons tous, en tant qu’individus, en santé publique, notamment pour ralentir la propagation du virus et de la désinformation.
En réponse à l’infodémie, nombreux sont celles et ceux qui ont proposé de renforcer les capacités en matière de littératie en santé comme une solution nécessitant une action immédiate. Aussi, pour améliorer la littératie en santé, il est primordial de s’appuyer sur des informations fiables sur la santé qui reposent sur des données scientifiques. Par conséquent, outre les compétences en matière de santé, nous devrons également nous concentrer sur les compétences en matière de science et plus précisément sur l’amélioration de la compréhension par le public de la manière dont la recherche est menée. De plus, il est essentiel d’avoir un langage commun et une compréhension partagée puisque même des termes simples peuvent avoir des significations différentes pour les chercheur·se·s et le public.
Enfin, tout en améliorant les compétences en littératie en santé, il est également important d’améliorer la manière dont les informations sont communiquées. Il ne suffit pas de fournir des informations scientifiques fiables pour aider le public à prendre des décisions éclairées. La littératie en santé est une responsabilité partagée et nous, chercheur·se·s, organismes communautaires, bibliothèques, établissements d’enseignement, gouvernements et médias, devons travailler ensemble pour l’améliorer.
Avec ce colloque, nous aimerions faciliter la mise en commun d’expertises complémentaires, la démonstration des projets et applications innovants, le partage des résultats de recherche, ainsi que la promotion du dialogue entre diverses personnes intervenantes (p. ex., chercheur·se·s, décideur·se·s, patient·e·s, citoyen·ne·s, partenaires communautaires, professionnel·le·s de la santé).
Titre du colloque :