Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Joelle Dussault : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette conférence présente une partie des résultats d'une étude comparée des freins et des facilitateurs à la défense des conditions de travail en soins infirmiers et en travail social depuis l'entrée en vigueur de la loi 10 en 2015. L’analyse thématique d’entretiens de groupe et de suivis individualisés effectués en 2020 auprès de 40 professionnel⸱le⸱s permet une approche compréhensive des enjeux impactant leur pratique professionnelle. Les résultats démontrent que les changements effectués par la loi 10 poursuivent et accentuent des logiques organisationnelles et institutionnelles entravant la participation des travailleurs·euse⸱s aux processus décisionnels concernant leurs mandats. Ces dynamiques nuisent entre autres à la reconnaissance de leur jugement professionnel lorsqu’il est question de l’organisation des programmes dans lesquels ils et elles travaillent. En liant la perception de ce qui fait problème selon les professionnel⸱le⸱s à une analyse du contexte organisationnel, ces résultats indiquent qu’au-delà des modes de gouvernance propres à chaque établissement, des rapports sociaux cadrent les manières dont se déploient les logiques organisationnelles, y reproduisant, souvent, les mêmes écueils s’ils ne sont pas directement abordés.
Notre colloque vise à dresser un état des lieux de la gouvernance collaborative au sein des centres intégrés (universitaires) de santé et de services sociaux (CI(U)SSS) et d’explorer les perspectives liées au développement d’une telle forme de gestion, tant sur le plan des décisions cliniques, qu’en ce qui concerne les structures administratives. La gouvernance collaborative est définie par Emerson, Nabatchi et Balogh (2012) comme un processus de gestion et de prise de décision qui englobe plusieurs parties prenantes. Cette gestion partagée et décentralisée permettrait notamment la prise en compte des intérêts et des points de vue de différents acteurs, et donc une meilleure démocratisation au sein des établissements. Dans le cadre des services de santé, de grands organismes internationaux ont notamment fait des recommandations qui tendent vers cette forme de gestion, en préconisant l’engagement des travailleurs de la santé et des usagers dans la gouvernance des systèmes de santé pour en améliorer la performance. Bien que le système de santé et de services sociaux du Québec montre certaines pratiques et structures qui tendent vers un tel modèle, il reste que les prises de décisions cliniques et organisationnelles impliquant des usagers ou les travailleurs semblent relativement peu mises de l’avant. Ce colloque permet ainsi de nous questionner sur les facilitants et les entraves à la participation des travailleurs du système de santé et de services sociaux et des usagers des services à la gouvernance des établissements au sein des CI(U)SSS. Une large place est notamment donnée, d’une part, aux recherches portant sur les innovations organisationnelles ou pédagogiques amenant directement ou indirectement à favoriser l’implantation de la gouvernance collaborative et, d’autre part, aux études qui observent les effets de la participation de différents acteurs du système de santé et de services sociaux aux prises de décisions.
Titre du colloque :
Thème du colloque :